PRÉFACE
QmII« Ml l'imporUaM (to nos conqnêlMV — Notre TitMte ooMptrte k fltlto d« eoofurt «toetriqiM. — U pUitir de MU qui pmiil el de mvi q«i deneareot. — U repidite de truismiettoo n'a pM eofiMOlé la qualité et le oombfe dM < idéM •. — Lm sraoda eooraou d'autrefoie : la RéToluUoB tnaçêiâe a*Mt «MMapUe trèe rite laoe moyeoa de tranapoite. — Pour Im ▼ojagean et Im correepoodancea, le résultat dea orgaaisiiiM nouveaux n'Ml paa proportionoé à la valeur propre dea décourertM génialM en cette matière. — La révolution la plus proloade eet eeUe de la mobilité nouvelle d« marehaadifit, hier iaertM et attachées au sol. — Ledéveloppemefll réeeot dM eommaiiiettlons profite aartoot aui cliMM popolairM. — Cependant le c progrte » en général nliflt pM nécMeairement en faveur de la foule. — L'évolntion dM moyene de transport, jusqu'au milieu du XIX* siècle, cinquante ans après la Révolution avait accru plutôt que diminué l'écart entre lea conditions. -~ Nou velln pranre qoe k l&efté pottllqne on Im meete ailiuirei sont indépendants dM pbénomèaM éeonomiqtiM.
Noas allons plus vite, plus loto, à moins de frais et plus aisément que nos pères. Nous en
2 PBiPACB
gommes fiers et avec raison; cette Tictoire sur la matière est le résultat d'un immense effort, et l'homme vaut surtout par TefTort. Mais il ue faut pas exagérer l'importance de nos conquêtes : nous ne saurions aller bien loin, bornés comme nous le sommes, forcés jusqu'ici de faire uniquement le tour de notre petite planète ; capables seulement d'en gratter l'écorce et, depuis hier, de voleter alentour, sans pouvoir ni en pénétrer l'intérieur, ni nous évader dans l'espace de plus de quelques milliers de mètres, à l'attache et prisonniers de l'atmosphère, sous peine de mort. Quant à notre vitesse, elle n'est « grande » aujourd'hui que par rapport à celle des siècles passés ; en soi, elle demeure médiocre, bien que nous allions « comme le vent ». Mais si nous comparons la marche de l'aéroplane et du train que nous appelons <« rapide, >* je ne dis pas avec celle de l'éclair dans le ciel, mais simplement avec celle du courant électrique qui transporte nos dépèches en Amérique, le « cent-vingt à l'heure » deviendra une allure de tortue, et nous ne verrons plus qu'une diiïérence tout à fait insigniiiante entre la vitesse du piéton, celle du cavalier et celle de la locomotive. Rien ne prouve d'ailleurs qu'il nous agréerait longtemps de faire, avec la rapidité de la foudre, des voyages
loler-aftrmux. Feul-étre t'en dégoût erait-pn.
Il esl charmant d'aller plut rite que l'on u allait la veille, mais le charme dure juite le temps qu'il faut pour a'accouluroer à cette Titesse nooTelle. Comme le mouvement, l'immobililé a ses plaisirs, non seulement aussi vrais, — tous les plaisirs sont « vrais, » du moment qu'on les ressent, — mais aussi grands. L'automobile, en traversant il y a vingt ans un village écarté de la Basse-Bretagne, dérangeait la noce rurale massée sous de grands ormes sur la place de l'Église au carrefour de trois chemins. Les gens de la noce s'amusaient à regarder les gens de l'auto et leur véhicule encore ignoré; les gens.de l'auto se plaisaient à voir les costumes pittoresques des gars, les mitres de dentelles des iilles avec leurs collerettes échancrées sur les épaules à la Marie Stuart. Mais qui des deux groupes avait le plus de plaisir, ceux qui demeuraient ou ceux qui passaient?
Depuis cent ans, en ce domaine des transports, de prodigieuses inventions ont vu le jour; elles ont accru la rapidité de transmission de l'ôcrittirc et de la parole; elles n'ont pas aogii.vi.i' la qualité ou le nombre des « idées ». Le monde das idées, obéissant à des forces mystérieuses, tout indépendantes du monde matériel,