‹ L'évolution des moyens de transport: voyageurs, lettres, marchandisesChapitre 20 sur 30 · CHAPITRE XVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVII

Le Budget et le Personnel des postes sous Tanclen régime.

L«ft bunâftui Umk* * U«« •ouft>f«rmiert. — C«lai du Nivor* uêiê rapporte as.lM frmoci an 17M. — Otgtt ctoê mblilojés : 57t firtacs «o moyenne; de 18S franctà 7.M0.--> • Leitree en débonnét. » — c Letiret en rebut » — Plie uiée à l'arrivée. — Ka 17M. le bail de la ferme eat d« 11 milUonade fraaea. ^ Lee Rouille-Pajol ae paitagenienl le bénéflee. — Leur bail eat bniaqnement récitié par le Cardiaal de Fleury. — La poite est mise en régie.

— Le rtvana nel dea poslea monte à IS.MS.tH tfBm en 176t, à tS miUiona en t79t. — U place da rigitiear Grimod de la Rejointe Tant 400.000 francu. — Le produit tut actuel (1913 eit de 46 millioni, roaii le produit frm/ eal 4e S70 miUiona an lien de SS milUoaa en 1791.

— Pour l'aneten régime, lee pottea étaient aurtout un impâl. — La Rérolution, en dii ana, double rimpoilaoce du MTTiee : le ebiifre dea kilométrée parcounia paaae de 7 et demi k If miUioaa. — iaaqu'an milieu du rigaa de Louia-Pbiltppe, nombre de petitea Tillea ae ptaaeni de bureaux de poale. — > La distribution eat hebdomadaire daat let campignet. — Telle commune, qui n'en voulait ptt davamaga an lUl, a beeoin de 9 facteora •n 1910.

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Sous l'Ancien Régime, à Tëpoque où la poste était en ferme, les bureaux de province étaient, tantôt loués à des sous-fermiers, qui les faisaient valoir pour leur compte, — celui du Niveniais rapporte ainsi 38.000 francs par an (1700), — tantôt confiés à des employés analogues à nos receveurs actuels. Les gagea de ceux-ci, dont la moyenne était de 570 francs, — 801- bureaux coûtaient 480.000 francs sous la Régence, — variaient suivant les localités depuis 5.500 et 7.000 francs, pour Bordeaux, Besançon ou Amiens et depuis 2.800 francs, pour Aix, Bayonne ou Compiègne, jusqu'à 180 francs, sommes comprenant les frais de bureau et le loyer, que le comptable essayait parfois de porter en dépense, mais qu'on lui rayait impitoyablement à Paris. Les autres articles étaient les « lettres en déboursés » , dont l'afTrancbissement était avancé partiellement par le bureau de départ, et les M lettres en rebut », que leur destinataire avait refusé de payer. Les recettes consistaient dans les ports encaissés, classés soit en deux catégories, — Paris et province, — soit d'après le détail des bureaux d'origine : sur 65.000 francs recouvrés par celui de Genève en 1693, les lettres venues de Lyon représentaient presque les deux tiers; celles de Strasbourg, Huningue,

Besançon et Annecy, ioutei ensemble, 3.150 francn seulement. A Paris, à l'arrivée des courriers, les principaux associés de la ferme, tant Pajot que Rouillé, au nombre de 8, taxaient eux-mêmes les plis, leurs commis triaient et 80 facteurs faisaient la distribution.

Telle était la situation en 17:)8, où le bail primitif de 3.900.090 francs en 1672, et de 6.300.000 francs en 1683, accru en 1694 des postes de LouTois, s'était peu à peu élevé à 11 millions de francs. Durant cette période, la « surintendance des postas • avait plusieurs fois (baogé de titulaires, depuis Torcy, à qui le cardinal Dubois l'avait enlevée, jusqu'à Fleury, qui se l'était attribuée depuis quelques années. Mais la dynastie des Rouillé-Pajot se perpétuait immuable; hiérarchisés et disciplinés vis-à-vis les uns des autres comme des étrangers, mais travaillant comme une famille unie dans un bien patrimonial. Les Ûlles avaient pour dot une part dans la ferme; mais les gendres comme les fils recevaient leur décompte en Hn d'années, sans avoir la liberté de le vérifler.

Le profit que chacun savait être considérable, se partageait entre tant de personnes que cela ne faisait pas un particulier ou deux assez riches pour donner de l'envie; pourtant le ministère

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désirait depuis longtemps savoir le chiffre de ces bénéfices. Pontchartraio, contrôleur général des Finances suus Louis XI V, avait une fois tenté de voir clair dans cette situation ; mais les Fajot, en donnant une forte somme pour les bâtiments du Roi, s'étaient assurt^ le repos et le Kégent n'avait pas eu plus de pouvoir. Brusquement, un matin de l'année 1738, Fleury annonça aux fermiers que le bail était résilié et les invita à remettre séance tenante le service aux frères Grimod et Thiroux, désignés pour leur succéder en qualité (le simples régisseurs. Ceux-ci, au nombre de 6, étaient gratifiés ensemble d'un traitement fixe de 270.000 francs, plus une participation du tiers dans les recettes nettes au-dessus de 11 millions de francs, chiflre de l'ancien bail.

Le Trésor ayant encaissé l'année suivante 1.500.000 francs de plus, on en peut conclure que le bénéfice des fermiers était d'environ Z millions. Trente ans plus tard (17G8), le revenu des postes montait à 15.600.000 francs; il était. de 2^i millions au moment de la Révolution ; ce qui n'avait pas empoché les régisseurs-intéressés de s'enrichir à leur tour : la place de l'ainé des (irimod, le S' de La Reyn!^re, passant pour valoir 400.000 francs par an

Le produit net serait d'ailleurs uu bien mauvais

Riocrr Dci P09TIS sors i/arcim iiàaiiii IW

iiiUico du degri^ d'uUlitë, de progrès et même de bonne gesiioi^ ' -tes. 1^ service public, qui

i-u ITl^l, rap^ .J millions A l'État, et moitié

plus sous la HestauratioD, De procurait A notre budget de t918 qu'un boni de 46 millions, y compris les télégraphes et les téléphonée. Le produit brut, d'une date À Tautre, a progretsé daranta;:«' : il était de 33 millions de francs en 1791, il est' aujourd'hui de 370 millions. L'ancien régime exploitait donc A 70 p. 100 de gain; pour lui, les postes étaient surtout un impôt; dans l'exploitation contemporaine, — A 12 et demi (>. lOU de gain seulement, — le côté flscal passe tout A fait au second plan. La compar^son des produits bruts, A deux époques diverses, nous renseignerait encore très mal sur le déTeloppement eflTectif de l'organisme, parce qu'il y a cent Miu'l-huit ans, les tarifs étant très élevés, on obtenait une somme relatirement forte avec un nombre assez faible de correspondances.

La Révolution eut cette conception du rôle moderne des postes et tenta bravement de le n^alisier : en dix ans, malgré l6S troubles intérieurs et la guerre étrangère, elle doubla l'importance de ce service. L'emploi des petits courriers ou entreprises particulières, c'est-A-dire des piétons ou des méchantes charrettes A un cheval

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dont le coDducieur, assis sur une botte de paille, avait sa malle derrière lui, subsistait, pour des routes de première importance comme celles d'Amiens, Orléans, Reims, Troyes, Saint-Quentin, Rouen, Chartres et la Bretagne, jusqu'en 1791. Des malles furent alors établies sur toutes les grandes routes; 1' « entreprise » fut résenée aux chemins de traverse. Comme les maîtres de poste étaient tenus au transport gratuit^ — sauf le pourboire du postillon, — de deux malles par semaine, tandis qu'il fallait leur payer assez cher le port de la troisième, Tancienne administration ne se pressait pas d'établir ce troisième ordinaire, dont tout le Midi notamment était privé. Dans le Nord, il n'y avait pas longtemps que des ser>'ices directs avaient été institués entre des villes peu éloignées, qui précédemment n'étaient reliées qu'avec la capitale. Aussi, de Mézières à Charlemont, — trajet de 10 lieues, — une lettre mettait-elle trois semaines, parce qu'elle devait aller à Paris et en revenir.

Kn comparant, de 1791 à l'an IX (1801), le parcours annuel des agents des postes, en voiture, à cheval ou à pied, l'on constate que, dans l'espace de ces dix années, le chi/fre des kilomètres était passé de 7 millions et demi à 15 millions. — Il est aujourd'hui de 260 millions, dont

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189 millions sur voies ferrées. — Quoique les postes eussent ainsi doublé d'importance, leur produit brut arait à peine aufrmenté (de 33 millions à 35) et leur produit net arait baissé (de 23 millions à 16 et demi).

Les recettes étaient demeurées stationnai res : parce que le tarif des affiranchissements avait été abaissé et que le port des papiers de procédure, — le sac à procès était une partie notable du trafic postal sous la monarchie, — était moins lucratif depuiii que les tribunaux avaient été rapprochés de leurs justiciables. Les dépenses au contraire s'étaient t>eaucoup accrues : l'extension du service en poste à un très grand nombre de routes n'avait pu se faire qu'à un prix quatre fois plus haut qu'en 1791, pour dédommager les maîtres des postes de la presque inactivité à laquelle ils étaient réduits, par la concurrence des voitures libres, presque aussi rapides que le« malles; quant aux buralistes, leur traitement avait grossi à proportion du travail qui leur était imposé. Quoique ce travail se fût multiplié depuis le début de la Révolution, rien n'eût pu faire prévoir en 1801, ni même en 1840, le prodigieux développement des postes qui, dans notre France contemporaine, véhiculent, classent et font annuellement parvenir k leur adresse trois mil-

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Hardi et demi de lettres, de cartes, journaux et papiers de toute sorte.

Si l'on suit en détail dans certaines localités la marche du progrès postal depuis cent ans, on remarque que, jusqu'au milieu du règne de Louis-Philippe, nombre de petites villes ne possédaient encore ni bureaux, ni distribution Journalière. Quant aux simples communes rurales, la plupart se contentaient d'une distribution par semaine. A Peyreleau (Aveyron) où le facteur passait tous les huit jours, une délibération du Conseil municipal s'exprime ainsi en 1832 : « Le service actuel des postes suffît aux besoins; le service journalier ne serait d'aucun avantage. » En 1843, ce chef-lieu de canton fut doté d'une receveuse à 180 francs par an ; en 185(), il eut deux facteurs; maintenant, il en a sept et il en demande deux de plus, « indispensables », dit-il (1910). Il reçoit de différentes directions quatre courriers par jour et émet environ 2.000 mandats. Plus tôt ou plus tard, suivant les régions, l'ancien porteur à 100 francs par an» payé parfois en nature par un poids convenu de blé, fut remplacé par une administration plus perfectionnée; mais partout, une fois éveillé, le besoin de communications grandit à mesure qu'il était satisfait.

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