CHAPITRE XVIII Le télégraphe aérien
Cadom d« 2 en 1 lictich. de Francfort à Pahf, pour anooo* mt OM BO«v«IU. Uk 1741. — Piftoni Toytfwt en OriMi. «- Im lél^gnphe da jaidin da tsMabooff «o 169f. — L'inrentioD d'Amontoot. >- Le • Ucbygraplie * ou « i^légrtphe • de Cbappe (1791). — ExpérieneM de IféoilmoBtui. — PnarilrB lignt de Paris à Lille. — liô pouUaM. — t lifiMaji ptr ooi. — Voc«buJiir«s do 1795 : 8 464 looU afoelt. — 14 kilomèlros entre les tUtiom. — La première dépêebe du IS Fructidor an II. — JalOMia de orti» iavMlioii à Yé/^rvù^». - DUBeiUléa d'arfMit — BfNU liéfolquea d« Cbappt. » UgOM de Paria à Sinaboarg, Breat, Milan. — Déroloppemeot de 4.Mf kilomètrrit. «n i8Si lorti<iiiA le télégraphe optique dlapantt.
Cet communicaliong allaient être accélérées an XIX* siècle par la vapeur et l'électricité; le xTiit* siècle, « tes dernières années, rit seulement la naissance du télégraphe aérien. On avait eti l'idée, lors de l'élection de l'Empereur en 1742, de placer des canons de deux en deux lieues de
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Francfort à Paris, « ce qui aurait fait connaître la nouvelle en cinq heures; » mais le transport des canons aurait, paraît-il, coûté 34.000 franc«. Les pigeons voyageurs étaient pourtant connus, à cette époque, et employés en Orient par les capitaines de navires qui, en arrivant à Alexandrctte, leur confiaient des missives pour les négociants d'Alep; Ton en lâchait aussi de Bassora pour Bagdad, éloigné de plus de cent lieues.
La première expérience d'une petite ligne télégraphique fut faite dans le Jardin du Luxembourg (1690), sous le patronage du Dauphin et de sa maîtresse, la grosse M"' Choin, très enthousiaste de cette idée, bien que l'histoire ne lui prête pas d'ordinaire un grand mouvement dans l'esprit. L'invention était due à Amontons, de l'Académie des Sciences, qui trouva, dit Fontenelle, le moyen de faire parvenir une nouvelle en trois ou quatre heures aussi loin que de Paris à Rome, sans qu'elle fût sue dans tout l'espace compris entre les deux villes. « Cette proposition si paradoxale et si chimérique en apparence fut exécutée sur une petite étendue de pays; » des gens disposés en plusieurs postes consécutifs, munis de longuesvues, apercevant les signaux, se les transmettaient les uns aux autres jusqu'au dernier en aussi peu
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He temps qu'il faJUii au premier posto pour faire - tignaui au deuxième.
Manquait-il à celte dëcouTerte quelque» détail qui la rendit pratique? Toujours est-il qu'elle sommeilla durant cent années, jusqu'à ce que Claude Chappe établit en 1791 à la barrière de rÉloile ton premier tachygraphe^ — qui écri^ vite, — plus heureusement baptisé par Miot, chef division à la Guerre, de télégraphe, — qui écrit de loin. — Une expérience offlcielle, ayant été décidée par l'Assemblée Législative, après que la première machine eût été nnitamment brisée par 1» hommes masqués, une seconde fut hissée à Ménilmontant, chez Lepelletier Saint-Pargean. Celle-ci fut incendiée par la populace comme suspecte de permettre à Louis XVI, enfermé au mple, de correspondre avec ses partisans, tieconstruit sous la protection de la force armée, un nouvel appareil donna des résultats si promis par un échange de dépèches avec Saint- !i-du-Tertre, localité distante de 35 kilo- :.6j que Chappe, appointé « ingénieur-téléraphe a à 5 livres 10 sous par jour (1793), fut issitôt chargé de mettre sur pied une première ligne de Paris à Lille.
.\u châssis mobile de l",d5 centimètres de long sur 1*,S5 centimètres de large, garni de lames de
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per^.. ....V . à deux faces, blanches et noires, et
flanqué de deux autres châssis plus petits qui se profilaient sur l'horizon, Topérateor, placé dans une chambre basse, donnait l'impulsion avec un système de cordes et de poulies, lesquelles actionnaient aussi nn petit appareil de contrôle, le r^étiteur, [ildiCé h càié de lui. Quoique la machine pftt prendre cent quatre-vingt-seize positions, chaque mot, au début, n'exigeait pas moins de six signaux, réduits peu après & deux par les vocabulaires de 1795.
Il fut alors dressé trois répertoires distincts de quatre-vingt-douze pages chacun, à quatre-vingtdouze mots par page, correspondant aux quatrevingt-douze signaux ou développements du télégraphe dont Tun indiquait la page et l'autre le mot. Le premier de ces codes renfermait ainsi 8.464 mots usuels; le second contenait un même nombre de phrases, pour la Guerre et la Marine: le troisième était géographique. Entre Paris et Lille, les seize stations, à 14 kilomètres en moyenne les unes des autres, furent reconnues plus tard trop espacées pour assurer une marche normale ; de même avait-on suivi trop rigoureusement le principe de la ligne droite, au lieu de choisir les hauteurs les plus propices.
Le jour pourtant où apparut sur le dôme «in
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Louvre, cimier bien maigre et p«u esIhéUqne pour ce ca<que géant, la mécaniqne parlante de Cbappe, fut une date mémorable dans l'hittoire des communications. Le 15 fructidor an 11 (1*' septembre 1794), panrenait la première dépèche, pour laquelle les appareils se déployaient simultanément depuis la tour Sainte-Catherine, à Lille, jusqu'au deruier poste de la butte Montmartre. (iVtait la nouvelle d'une victoire ; Carnot Tint en donner lecture A la tribune de la Convention : « La Tille de Condé est restituée k la République; la reddition a eu lieu ce matin à six heures •,
Bien que l'histoire politique de la RéTolution, — la seule écrite jusqu'ici, — ait, suiTant sa coutume pour tout ce qui n'est pas la lutte voyante et brillante des partis, à peine mentionné l'inauguration du télégraphe aérien, ce succès national excita grande jalousie à l'étranger: il parut en Allemagne des pamphlets pour décrier la machine de Chappe et en démontrer l'absurdité. A la tète de ce mouvement, Bergstrasaer, Taateur de la Myfuéwuttographif^ écrivait an roi de Prusse : « Le télégraphe aert à amuser les Parisiens qui, les yeux fixés sur la machine, disent : Il va! Il ne va pas! • Il alla pourtant, mais on a peine à comprendre comment. Tout manquait à Chappe,
l'argent surtout, quoique son administration nais-
ta
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santé panU disposer de m 13 millions par an ». Mais au temps où 100 francs valaient 5 sous en assignats et 0,60 centimes en mandats « territoriaux » du Directoire, ces 13 millions de papier représentaient à peine 90.000 francs en numéraire.
La ligne de Strasbourg exigeait 6.000 livres de fil de laiton; Chappe en obtint 300 et imagina d'y suppléer en empruntant aux mobiliers confisqués, épars dans les magasins nationaux, les cordes de métal employées naguère à la suspension des lampes. A Metz, lorsque déjà la toiture du bâtiment où siégeaient les administrateurs du district était enlevée pour faire place à l'échafaudage du télégraphe, le travail fut interrompu faute de fonds, et les fonctionnaires, faute de toit, allèrent siéger ailleurs. L'an VI enfin, à l'occasion du Congrès de Rasladt, le Directoire délivra 176.000 francs eu numéraire pour la construction de cette ligne de 600 kilomètres, comprenant 46 postes de Paris à Strasbourg ; elle fut achevée en 5 mois. Les baraques étaient en bois; celles de la ligne de Paris à Brest furent construites la même année, en maçonnerie, au nombre de 55 sur un parcours de 870 kilomètres. Trois lignes fonctionnaient au début du Consulat, le 18 Brumaire : cellf s du Nord, de l'Est et de la Bretagne.
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Celle de Lyon, asMZ aT&océe, fut prolongée kouh rKmpiro jusqu'à IliUo et VenUe, et Teofemble du télégraphe aérien comportait en 1852, loraqu'il disparut, un déTeloppement de 4.000 kilomètres. Ce télégraphe primitif ne faisait pas de recettes, réserve comme il l'était aux dépèches ofQcielles avec, pour unique client, la loterie d'État dont il publiait lc8 numéros gagnants. Son budget en 1814 s'élevait à 300.000 francs ; chiiïre modeste auprès des 96 millions de francs que produisaient nos télégraphes et téléphones de 1013.