Architecture hydraulique, 4 vol. iii-4«, Paris
LÉS THEÙRtES FLUVIAIRËS
Palissy a reconnu avec précision la vraie origine des sources ordinaires ^
« Quand, dit-il, page 34, j^aieu bien longtemps et de près considéré la cause des fonteines naturelles et le lieu de là où elles pouvoyent sortir, enfin j'ai connu directement qu'elles ne procedoyent et n'etoyent engendrées sinon des pluyes. Voilà qui m'a meu d'entreprendre de faire des recueils des pluyes, à l'imitation et le plus près approchant de la nature qu'il me sera possible et en ensuyvant le formulaire du souverain fonteinier, je me tiens tout asseuré que je pourray faire des fonteines desquelles l'eau sera autant bonne, pure et nette que de celles qui sont naturelles. )) Et page 48 : « Et les dites eaux sur les dites montaignes au travers des terres et fentes, descendent toujours et n'ont aucun arrêt jusques à ce qu'elles ayent trouvé quelque lieu forcé de pierre ou de rocher bien contigu ou condensé ; Et alors elles se reposent sur un tel fond et ayant trouvé quelque canal ou autre ouverture, elles sortent en fonteines ou en ruisseaux et fleuves, selon que l'ouverture et les réceptacles sont grands et d'autant qu'une telle source ne se peut jetter (contre sa nature) aux montaignes, elle descend aux vallées. Et combien que les commencements des dites sources venant des montaignes ne soyent guères grandes, il leur vient du
I. Discours admirable des eaux et fonteines, tant naturelles qiCartificielleSy des métaux, des sels et salines, des pierres, du feu et des émaux. Avec plusieurs autres excellents secrets des choses naturelles. Plus un traité de la marne, fort utile et nécessaire pour ceux qui se' meUent de l'agriculture. Le tout dressé par dialogues, esquels sont introduites la théorique et la practique, par Bernard Palissy, inventeur des rustiques figulines du Roy et de la Royne sa mère, i vol. in-i8, Paris, 1580.
secours de toutes pars, pour les agrandir et augmenter : et singulièrement des terres et montaignes qui sont à dextre et à senestre du cours des dites sources. Voyla çn peu de paroles la cause des fonteines, fleuves et ruisseaux : et ne te faut chercher nulle autre raison que celle-là. »