Traité de la marne ^ in
^. Tome I, p. 2().
4. La Géoloffie et la Minéralogie dans leurs rapports avec la théologie. 2 vol. in-80.
LES THEORIES SEDÎMENTAIRES
On ne tarde pas à rencontrer dans ce chapitre, de la sédimentation pourtant si simple, au moins en apparence, le point de vue d'après lequel les phénomènes passés, même quand ils sont de l'essence des phénomènes d'aujourd'hui, ont été régis par une autre physique de la nature, — autre au moins par son intensité. Leibniz admet que l'action de l'eau est venue se joindre à celle du feu. » L'eau sortie des abîmes se joignant à celle qui coule des montagnes a produit de vastes inondations qui ont laissé sur différents points d'abondants sédiments. Ces sédiments se sont durcis et par le retour de la même cause, les couches sédimentaires se sont superposées et la face de la Terre, peu consistante encore, a été ainsi renouvelée jusqu'à ce que les causes perturbatrices ayant été épuisées et équilibrées, un état plus stable s'est enfin produit ^ ».
Buckland est d'avis, sans justifier d'ailleurs son opinion, que « le transport des couches secondaires et leur disposition en couches largement étendues sur le fond des premières mers, paraissent avoir été produits par l'action de forces qui ont agi sur des terres fermes plus anciennes, avec une puissance de destruction que n'ont plus les eaux de nos mers actuelles, dans leurs convulsions, même les plus violentes » ^
Il faut arriver bien près de nous pour trouver des idées saines. Selon d'Aubuisson, toutes les roches ont été fluides : les roches stratifiées ont
1. Protogée, traduction de M. le D' Bertrand de Saint-Germain, I vol. in-8o, Paris, i8 .
2. La Géologie et la Minéralogie dans leurs rapports avec la théologie naturelle^ 2 Vol. in-8«>, traduits par Doyère, Paris, 1838, t. I, p. 59 (en note).
L'ÉVOLUriQJV DES THÉOmES GÉOLOGIQUES
eu la fluidité aqueuse, qui contraste avec la Suidite ignée des roches volcaniques '.
Tout d*abordj bien des auteurs ont pensé qufe les matériaux des dépôts sédimentaires ont été amenés de plus ou moins loin et parfois de très loin par un vrai charriage horizon taL
Chose curieuse, des notions inexactes sur les animaux fossiles confondus avec les animaux actuels, ont contribué â ce point de vue.
Un autre ensemble de suppositions concerne Tépaisseur des terrains stratifiés et vise les mouvements verticaux du sol dans les points où se déposent les sédiments.
Selon la remarque d'Elie de ï3eaumont -, « les couches jurassiques du bassin parisien ont dû se faire sous une profondeur d'eau de loo mètres. au moins. Un pareil enfoncement est la preuve de la mollesse et de la haute température de la masse intérieure du globe... Il y a ici association des deux activités interne et externe. »
Sous le vocable de principe d'isostasie, on a cherché à démontrer que la sédimentation est accompagnée d'un affaissement compensateur qui conduit à considérer la substance corticale comme plastique et tendant à reprendre son niveau sous la charge, comme ferait un liquide.
Dans cette manière de voir c'est d'une façon continue que le bassin des mers s'affaisse pendant que les continents se soulèvent... Mais le principe se trouve contredit par le fait des continents qui s'affaissent et où la mer est en voie de transgression.