De Charpentier. Loc. cit., p
5. Théorie Huttonienne, traduction française, p. 310, en note.
Les montagnards, depuis bien longtemps, avaient la notion du transport par les glaciers. C'est ainsi qu'en 1815, de Charpentier recevant l'hospitalité dans un chalet de Lourtier (vallée de Bagnes), un chasseur de chamois, J-P. Perraudin, exposa ces vérités auxquelles, d'ailleurs, il ne prêta qu'une très légère attention. Mais ce fut un germe qui devint fécond et que de Charpentier sut développer, d'une manière assez imprévue. En eflfet, en 1821, proccupé de réfuter Topinion de Venetz qui supposait l'ancienne prolongation des glaciers alpins jusque sur le Jura, il se livra à des observations sur le terrain qui finirent par le convertir à la doctrine même qu'il se proposait de combattre. Sans doute le souvenir de Perraudin ne fut pas étranger à cette conversion.
On peut citer parmi les premiers partisans de la théorie glaciaire des blocs, Esmark qui, en 1827, reconnut l'action des glaciers en Norvège.
En 1834, de Charpentier lisait son premier mémoire sur la cause probable du transport des blocs erratiques de la Suisse. Il y montrait ridentité entre les roches polies^ moutonnées, striées, couvertes de terrain erratique, et les roches récemment abandonnées par les glaciers actuels dans leur mouvement de recul.
Une forme intéressante, par son énorme volume, de Térosion pluviaire est celle des placages d'éboulis normaux dans toutes les chaînes de montagnes, confondus souvent avec les dépôts accumulés par les glaciers. Suivant de Charpentier *, « ces dépôts ne sont autre chose qu'un diluvium glaciaire ». Saussure et Rome de Lisle