Annales de Chimie et de Physique, octobre 1824, p
3. Théorie mathématique de la chaleur, i vol..in-8», Paris, i8'î5.
LES THÉORIES GÉOGÉNIQUES
une zone du Ciel tellement chaude que sa masse a été entièrement fondue. Le passage dans cette zone a pu durer des milliers d'années. Depuis lors la température du Ciel a diminué très vite comme le montrent les phénomènes géologiques, jusqu'à un état à partir duquel le refroidissement au contraire s'est continué très lentement.
La Terre s'était échauffée dans une certaine région du Ciel. Elle a passé avec le système solaire dans une autre qui est plus froide et c'est de son refroidissement actuel que dérive la distribution de la chaleur dans sa masse.
Dans un travail intitulé Essai de la tempé^ rature de Vintérieur de la Terre^ Cordier, qui fut professeur au Muséum, formule quelques conclusions qu'il convient de résumer :
« I** Tous lesphénomès observés, d'accord avec la théorie mathématique de la chaleur, annoncent que l'intérieur de la Terre est pourvu d'une température très élevée qui lui est particulière et qui lui appartient depuis l'origine ; et d'un autre côté, le volume de la masse terrestre étant infiniment plus considérable que celui de la masse des eaux (environ dix mille fois plus grand) il est extrêmement vraisemblable que la fluidité dont ce globe a joui incontestablement, avant de prendre sa forme sphéroïdale, était due à la chaleur.
« 2** Cette chaleur était excessive, car celle qui actuellement paraît exister au centre de la terre, en supposant un accroissement continu de i degré pour 25 mètres de profondeur, excéderait 3.500° du pyromètre de Wedgwood : plus de 250.000° centigrades *. »
I. Mémoires du Muséum d'Histoire Naturelle^ 8* année, t. XV, 3« cahier, p. i6, Paris, 1827.
Pour Hermite, la chaleur interne est le produit de la transformation de la pression des couches du sol en chaleur. « La cohésion a pour effet de diminuer la grandeur des oscillations (dues à renfoncement des bassins sédimentaires) et par suite de détruire une énorme quantité de mouvemeùt qui doit se transformer en chaleur ^ » L'expression et la mesure de la chaleur ainsi développée sont données par l'équivalent mécanique de la chaleur. Un point remarquable à considérer, c'est que la chaleur d'origine étant admise, des manifestations calorifiques peuvent, malgré Vallure paradoxale de cette affirmation, devenir la conséquence du refroidissement.
En effet, le refroidissement permet la combinaison de substances précédemment dissociées et '" les combinaisons ainsi réalisées peuvent être exothermiques, c'est-à-dire dégager de la chaleur qui s'ajoute à la température ambiante.
Sans insister sur la portée de cette remarque, en ce qui concerne l'origine des roches de concrétion gazeuse, disons seulement que des phénomènes du genre de ceux qui nous occupent semblent donner naissance, à l'heure actuelle, à la photosphère du Soleil.
Dans les cosmogonies de Leibniz et de Buffon le feu intérieur de la Terre n'est supposé avoir agi que dans Torigine du globe, avant la formation des terrains.
Descartes fut le premier à considérer la chaleur propre du globe comme un agent géologique permanent.
Woodward '^ admet la chaleur interne qui a