‹ L'évolution des théories géologiquesChapitre 31 sur 190 · Ermans Journal^ Berlin · texte numérisé non relu

Ermans Journal^ Berlin

contre les côtes prive la rotation diurne d'une partie de son énergie et agit continuellement dans la même direction, de telle sorte que la durée du jour sidéral augmente sans cesse.

« Si la Lune, continue Kant, nous présente toujours la même face, c'est parce que la marée développée dans l'ancienne mer lunaire par l'attraction de la Terre, a ralenti le mouvement de notre satellite jusqu'au point où il nous a toujours offert le même côté. Pour la même raison, il viendra un moment où la Terre présentera toujours la même face à la Lune ^ » Cette opinion de Kant est regardée comme correcte par des physiciens modernes, comme Robert May er, Helmholtz et W. Thompson.

En outre, le retard de la rotation, c'est-à-dire la prolongation du jour sidéral dû à la marée, est considéré par divers auteurs comme ayant amené des altérations dans la croûte terrestre. C'est ainsi que A. Winchell par exemple^ cherche à démontrer que le ralentissement delà roiation, et par conséquent la diminution de la force centrifuge, a déterminé l'ouverture de failles ayant une direction N.-S.

Dans une lettre datée de 1790, c'est-à-dire de l'année de sa mort, Benjamin Franklin se demande si la trouvaille, dans les roches de nos contrées froides, de vestiges fossiles ayant appartenu à des êtres évidemment tropicaux, n'implique pas que les pôles ont changé de place.

L'hypothèse d'un changement de rotation de la

Page 1