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Nous remarquerons de notre côté que, dans beaucoup de cas, la pointe sud des continents est marquée par un maximum d'activité souterraine et par Tépanchement plus ou moins voisin de roches volcaniques ou basaltiques. C'est le cas pour le Groenland (Disco), l'Afrique (Cap), Tlnde (Dekkan) le Kamtschatka, l'Amérique du Sud (Cap Horn) .

La loi des antipodes est loin d'être absolue : elle consiste en ce que i8 fois sur 20, les deux extrémités d'un même diamètre terrestre sont dans des conditions géographiques opposées : si Tune est continentale, l'autre est marine et inversement. Parmi les rares exceptions on peut citer dans le plan de l'équateur, le diamètre qui, partant du 60® degré de longitude E. (milieu de la mer des Indes) aboutit au 120° long. O. (au milieu du Pacifique ; on peut ajouter que l'antipode de Boston est dans le continent Australien ; etc.

C'est donc un détail quelconque de la loi des antipodes que l'existence de la mer de Nansen à l'opposé du Continent antarctique.

Un contraste d'un autre ordre a été signalé entre des dépressions et des reliefs. Il s'agit d'une espèce de conjugaison entre la ligne de montagnes presque méridienne des Andes et de leurs prolongements, avec le sillon, jalonné parallèlement à l'équateur, par la Méditerranée, le détroit delà Sonde, l'étranglement centre-américain, etc. On a remarqué en beaucoup de régions que les cassures terrestres ont une tendance marquée au groupement orthogonal.

Les théoriciens ont longuement fixé leur attention sur ces faits qui leur ont semblé de nature à

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dévoiler un peu de Tavenir réservé à la forme générale de la planète.

La découverte de l'instabilité constante entre la terre ferme et la mer semble cependant détruire les bases d'un plan quelconque des formes topographiques.

Le lyellisme (ou uniformitarisme^ y. plus loin, chapitre Xiv) avec sa doctrine essentielle de Talternante élévation et submersion de la terre par suite de Tagencement des eaux locales, semble incompatible ' avec l'existence de quelque cause générale gouvernant l'évolution géographique du globe considéré comme un tout.

Mais une plus exacte appréciation de cette dernière connaissance ne confirme pas les premières déductions. L'Amérique est maintenant considérée comme le continent typique, ce qui ne veut peut-être pas dire grand'chose.

Quant à la théorie des accidents géographiques, c'est-à-dire quant à la cause qu'on peut légitimement leur attribuer, elle a donné lieu à diverses publications fort intéressantes, par exemple à l'étude déjà citée de M. J. W. Gregory, professeur à l'Université de Melbourne (Australie) K

Comme nous l'avons rappelé, la plupart des théories avancées pour rendre compte de la forme sphéroïdale de la Terre font intervenir la rotation de la planète autour de l'un de ses diamètres. Il entre dans notre sujet de constater que les idées à cet égard sont fort anciennes. Cinq cents ans avant notre ère, Pythagore, réfuté en ceci par Aristote, rejetait l'hypothèse de l'immobilité de

1. The plan of Ihe earth and its causes. (Extrait du Geographical Journal, mars 1899.)

la Terre et expliquait le phénomène du lever et du coucher des astres par un mouvement journalier de la Terre sur elle-même. « La Terre, notre nourrice, dit Platon *, roulant autour de Taxe qui traverse tout l'univers a été faite pour être la productrice et la gardienne du jour et de la nuit. '>

Philolaûs avait reconnu que le globe exécute 365 rotations en une année, qu'elle emploie à faire le tour du Soleil ^.

Galilée (1564-1642) se fit le défenseur du système de Copernic et en 1633 il publia à Florence un Dialogue sur les deux grands systèmes du monde. Deux personnages imaginaires auxquels il donne le nom de ses amis, Salviati, noble Florentin et Sagredo qui, à Pise avait encouragé ses premiers travaux, y font valoir avec tout le talent et Tesprit qu'avait pu leur prêter Galilée, les meilleures raisons en faveur du système de Copernic. Un faible d'esprit, auquel Galilée donne le nom de Simplicius, répond à ses deux interlocuteurs et reproduit en leur style, les objections des péripatéticiens et des moines qui ont attaqué Galilée. Toutefois, après avoir multiplié ces objections, Salviati et Sagredo s'inclinent devant l'autorité de la chose jugée.

\.Le Tintée ; œuvres de Platon traduites par Victor Cousin, in-S*», t. XII, p. 135, Paris, 1839.

2. Maximilten Marie. Histoire des Sciences Mathématiques et Physiques, I, 27.

3. Opère de Galileo Gaîilei nohile fiorentino^ Milan, 13 vol. in-8». Le Dialogue comprend les tomes XI et XII de cette Collection, c'est-àdire près de 87opages. Uestintitulé Dialogo di Galilei Galileo dove nei congressi di quattro giron ato si discare sopra i due massimi sistemi del Mondo Tolemaico et Coperniciano proprinendo indeterminalamente le ragioni filosofiche tanto per Vuna quanto per Valtra parie.

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« Galilée poussa la malice jusqu'à aller à Rome solliciter Tautorisation d'imprimer ce livre et les censeurs donnèrent bonnement leur approbation et la permission demandée, après avoir corrigé le texte en quelques endroits, ce qui constituait à Galilée une sorte de certificat d'orthodoxie pour le reste*, y^

On sait sa rétractation solennelle devant le tribunal du Saint-Office, le 13 février 1633.

De nombreux théoriciens ont pensé trouver un appui de leurs conceptions du mouvement de rotation dans la tendance prétendue des fleuves, coulant selon le méridien, à se déplacer en vertu de l'inertie selon les parallèles.

Cummingham, à propos des fleuves duPenjab, est l'initiateur de ce système dont on a probablement abusé. En 1860, van Baer^ étudia au même point de vue la Volga et l'Irtish.

En 1873, W. C. Kerr, géologue officiel de la Caroline du Nord, publia une note dans les Proceedings of the American Philosophie al Soeiety, sur l'influence possible de la rotation de la terre quant au déplacement du cours des rivières.

En 1754, Kant écrivit un mémoire sur la question de savoir si la Terre a subi des changements dans son mouvement de rotation autour de son axe. Il fait voir que la mer, en conséquence de l'attraction lunaire ou solaire, est animée sans cesse d'un mouvement contraire à la direction de la rotation diurne du globe. La friction de la vague des marées contre le fond de la mer et

I. Histoire des Sciences Mathématiques et Physiques, 12 vol. in-S", Paris, 1883 à 1888, III, p. 118.

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