‹ L'évolution des théories géologiquesChapitre 71 sur 190 · CHAPITRE VII LES THÉORIES VULCANOLOGIQUES · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII LES THÉORIES VULCANOLOGIQUES

Il y aurait sans doute imprudence à se montrer intransigeant dans le choix des théories volcaniques, et la sagesse nous invite à admettre dans ce chapitre, comme dans bien d'autres, la possibilité de causes diverses, amenant avec plus ou moins de fréquence la manifestation d'eiFets analogues ou même identiques. Il ne serait pas très difficile de concevoir, à côté du grand refoulement qui donne lieu à la production de la matière foisonnante motrice des éruptions normales, des dispositions souterraines amenant en des points restreints leréchauiFement d'assises hydratées, ou renfermant des éléments distillables, qui seraient ainsi pourvues du pouvoir éruptif.

Ici, comme à propos du phénomène séismique, on est autorisé à faire intervenir sur une échelle plus ou moins grande le phénomène de l'évolution souterraine des masses minérales. L'attaque des roches solides, par les fluides en circulation continue, doit inévitablement, ici ou là, engendrer des réactions gazogènes dont les produits peuvent s'incorporer dans des magmas en leur communiquant la faculté foisonnante. Ainsi s'explique la situation géographique plus ou moins aberrante au premier aspect, d'appareils éruptifs

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de genres divers, et spécialement de solfatares et de mofettes.

On sait en outre que « la montagne volcanique », c'est-à-dire le cône et le cratère ne produisent pas l'éruption, mais en sont les produits ; c'est cequeSénèque avait déjà compris « in ipso monte non alimentum habed, sed viam » ^

Suess a émis l'opinion magistrale que « les éruptions de nos volcans, leurs cônes de cendres, leurs coulées de laves, ne sont que des retentissements superficiels et peu importants d'événements considérables- qui se passent dans les pro^ fondeurs du globe »^

Cause des volcans. — Les suppositions sur la cause des volcans sont innombrables. L'un de leurs plus anciens observateurs, Empédocle aurait été victime de sa curiosité philosophique, puisqu'il ne revint pas d'une expédition qu'il fit sur TEtna, d'où est née la légende qu'il s'était jeté dans un cratère, pour savoir ce qui s'y passait.

Les premières opinions furent d'abord des superstitions, ou des attributions à des dieux, des forces inquiétantes contenues dans les flancs de la Terre. Typhon, dans sa fuite souterraine du Caucase, en Italie, vomissait des flammes. Vulcàin, fils de Jupiter, avait ses fourneaux dans les îles Éoliennes, dont l'une porte encore son nom. Et c'était dans l'Etna qu'il forgeait la foudre pour le maître des dieux.

« Les habitants de l'île d'Islande, dit Buff'on, croient que les mugissements de leur volcan sont

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