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Œuvres complètes, p. 51, i vol. in-S», Paris

L'ÉVOLUTION DES THÉORIES GÉOLOGIQUES l

ouvrir des communications par lesquelles les matières produites sont rejetées à Textérieur^

Dans un mémoire qui a eu beaucoup de retentissement ^ Gay-Lussac établit en principe que la cause décisive des phénomènes volcaniques est une affinité très énergique et non encore satisfaite entre des substances qui y obéiraient à la suite d'un contact fortuit. Il résulterait de semblables rencontres une chaleur suffisante pour fondre les laves et pour donner aux fluides élastiques la force nécessaire pour amener ces mêmes laves à la surface de la Terre. Or, l'auteur assure que ces conditions sont réalisées par la rencontre souterraine de Feau et spécialement de Teau de mer sur les chlorures des métaux les plus abondants dans les roches.

L'illustre chimiste a appuyé ses conclusions sur d'innombrables et intéressantes expériences de laboratoire, et il se trouve que ses travaux ont eu des conséquences définitives pour la compréhension de certains phénomènes volcaniques. Nous avons vu, par exemple, que la réaction au rouge de la vapeur d'eau sur celle de sesquichlorure de fer jette la lumière la plus vive sur l'histoire des incrustations de fer oligiste qui recouvrent si fréquemment les scories volcaniques. Nous avons reconnu que la même expérience est décisive quant aux gîtes stannifères qui deviennent du même coup des gîtes fumarolliens. Mais il s'en faut de beaucoup que les conséquences du beau travail que nous rappelons soient appli-

1. Dictionnaire des Sciences naturelles^ article Volcans, t. LVIII, p. 442.

2. Réflexions sur les Volcans^ Annales de chimie et de physique, t. XXII, p. 145.

LES THÉORIES VULCANOLOGJQUES

cables à Tétude du phénomène volcanique considéré dans son ensemble. Ici les objections abondent et la composition des émissions volcaniques est très loin de cadrer avec la théorie.

Une objection décisive vient de la contradiction flagrante entre la supposition que Teau peut pénétrer dans les crevasses de régions assez chaudes pour qu'elle en soit violemment chassée. Daubrée a essayé, mais sans succès, ^e substituer à Técoûlement par des fissures la pénétration par les interstices capillaires entre les grains constitutifs des roches poreuses * .

Bien que certaines personnes continuent à adopter la théorie de l'infiltration marine, et, par exemple, Fuchs ^ qui persiste à dire : « C'est la mer qui fournit principalement au foyer volcanique la quantité d'eau nécessaire à la formation des vapeurs », — cependant des objections très nombreuses lui ont été faites. Malgré les assertions de Daubrée, il y a contradiction entre les fortes pressions nécessaires dans la profondeur et le fait de la pénétration de l'eau ^. Breislak* et Humboldt'' ont accumulé les suppositions pleines de difficultés. Plus récemment, M. Brun * a voulu

1. Etudes synthétiques de Géologie expérimentale^ i vol. grand in-8% Paris, 1879.

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