I. Cinquième partie, Krakatau, p
LES THÉORIES VULCANOLOGIQVES
mont, le point de fusion en est notablement abaissé. Quand la composition s'y prête^ il en résulte la production d'un magma de roches fondue», renfermant de la vapeur d'eau par occlusion, et qui jouit de la propriété foisonnante. C'est dire que si une communication s'établit entre le laboratoire où cette production a lieu et l'extérieur, par exemple par une cassure, une éruption aura lieu avec toutes les particularités dont les volcans nous donnent le spectacle.
Origine des montagnes volcaniques. — La production des montagnes volcaniques et l'origine des différents détails de leur construction ont donné lieu à diverses suppositions*
L'une des plus célèbres par le nom des hommes qui en sont les auteurs et par les discussions passionnées auxquelles elle a donné lieu, est la théorie des cratères de soulèvement.
« L'action volcanique, dit Humboldt, agit en donnant au sol, par le soulèvement, une forme et une configuration nouvelles; elle n'agit pas, comme on Ta cru longtemps d'une manière trop exclusive, comme force constructrice, en accumulant les scories et les couches de lave. La résistance que les masses incandescentes, se pressant en trop grande quantité contre la surface de la Terre, rencontrent dans le canal d'éruption, ajoute à la puissance du soulèvement. Le sol alors se gonfle comme une vessie, ainsi que l'indique l'inclinaison régulière des couches soulevées du dedans au dehors. Une explosion semblable à celle d'une mine, en faisant sauter la partie moyenne et culminante de ce gonflement, ne produit parfois que ce que M. de Buch a
VÉVOLUllOS DES THÉORIES GÉOLOGIQUES
nommé un cratère de soulèvement... Parfois l'explosion fait sortir du milieu du cratère une montagne en forme de cône ou de dôme, et c'est seulement alors que le relief du volcan est complet*. » Cette opinion de Humboldt était née de Tobservation des coulées de lave, dont il avait méconnu la nature, se rattachant à la grande éruption du JoruUo en 1759.
Léopoldde Buch (1774-1853) adopta la théorie du soulèvement, allant jusqu'à dire dans son livre sur les Canaries-, que la Vésuve en 79, sortit tel que nous le voyons encore « tout formé du sein de la terre ». Il ajoute que depuis cette époque, sa hauteur n'a fait que décroître. Et de même, pour l'Etna : « On ne peut se refuser à y voir au premier abord un individu, pour ainsi dire parvenu à sa perfection, dès l'instant même de sa naissance. »
Elie de Beaumont est aussi explicite, toujours à propos de l'Etna :
« Un jour, l'agent intérieur qui fendait si souvent le terrain, l'a rompu et soulevé. Dès lors, l'Etna a été une montagne... Ce soulèvement s'est opéré subitement et d'un seul coup-^. »
Dufrénoy, à propos de la Somma, s'exprime dans le même sens.
En 1844, Rozier écrit : « Les cirques des Champs Phlégréens résulteraient de l'action puissante des masses gazeuses concentrées près de la surface du sol. Les ampoules ainsi produites, ayant crevé par l'augmentation de la pression, leurs débris