Sillimans Journal of Sciences and arts, 2, XXXVIII
LES THÉORIES COSMOGÉNiQVES
G. Darwin* étudiant les marées produites dans un corps visqueux par Taction d*un ou de plusieurs corps extérieurs, en tire Thypothèse qu'une planète peut donner naissance à un satellite par la séparation d'une portion de la protubérance équatoriale ; satellite qui s'éloignerait ensuite progressivement de la planète-mère au fur et à mesure du ralentissement de la rotation dû à la réaction des marées et finirait par atteindre une position d'équilibre.
On peut ajouter que Roche ^ a fait une remarque analogue. Il montre que la nébuleuse de Laplace, après avoir conservé une constitution à peu près uniforme dans sa zone extérieure la plus étendue, a dû subir, au moment de la formation des planètes télescopiques ou immédiatement après, un changement brusque en vertu duquel elle a formé ensuite des planètes plus petites, plus denses et tournant plus lentement sur elles-mêmes que les quatre premières.
Enfin, on a fait remarquer que bien des observations astronomiques ne paraissent pas cadrer avec les exigences du système de Laplace.
On voit par ces quelques exemples, que l'espèce de quiétude dont on a joui longtemps, après la publication magistrale de Laplace, semble maintenant fortement compromise. On voit de plus en plus les points faibles de cette doctrine, sans savoir les remplacer par des notions plus probables.
Nature de la substance du monde. —
1. Six mémoires analysés dans les Prnccedi7j(fs of tJie Royal Society of London de 1879 à 1882.