‹ L'évolution du Chartisme, 1837-1839Chapitre 18 sur 65 · Northern Slar, 30 juin · texte numérisé non relu

Northern Slar, 30 juin

2. Du 1" au 4 août : c'est à une de ces réunions que Vincent se déclare le disciple de Thomas Paine et commente ces paroles : << C'est une erreur de dire que Dieu a créé des riches et des pauvres, il a créé des hommes et des femmes et leur a donné la terre en héritav'e. »

présentée aux habitants de cette ville '. Une première réunion a lieu le matin à l'Hôtel de Ville et on peut y remarquer une bannière qui représente trois pains de même prix, mais de différentes dimensions : un pain anglais tout petit, un pain français un peu plus gros, et uu très grand, le pain russe, c'est là peut-être la première manifestation du dessein qu'ont certains libéraux de greffer sur le mouvement chartiste la campagne libre-échangiste. L'après-midi, dans l'amphithéâtre de Holloway Head, deux cent mille auditeurs sont réunis pour entendre Thomas Atwood, Feargus O'Connor délégué par six villes du Yorkshire pour assister au meeting, Henry Vincent et Hetherington délégués de la W. M. A., Richardson de Manchester. C'est Atwood qui préside ; il commence par dire qu'il est un pacifique, mais bientôt il ajoute : le Parlement ne pourra pas résister à la revendication de deux millions d'hommes et même, s'il tarde quelque peu à y acquiescer, à celle de cinq millions d'hommes, que la Chambre des Communes, si elle hésite à consacrer leurs droits, peut craindre de voir en masse exercer sur elle une gentille petite pression-. Si les pétitions étaient impuissantes et ne parvenaient pas à faire l'impression nécessaire, il leur conseillerait une grève nationale d'une semaine pendant laquelle aucun marteau ne ferait retentir l'enclume, aucune navette ne serait mise en mouvement : bien qu'opposé à l'emploi de la violence, Atwood déclare a ses auditeurs que, si le peuple est attaqué, les conséquences en retomberont sur ses agresseurs ; et, si le gouvernement ose l'arrêter, lui, Atwood, dans l'exécution de son projet pacitique, cent mille hommes se lèveront pour demander de suite sa liberté.

De tels propos durent étonner les modérés de la W. M. A. et de la B. P. U. qui entouraient Atwood ; les Douglas, les Sali, les Hetherington durent se demander quel vent de folie avait emporté tout a coup la raison de leur ami. Peut-être aussi n'attachèrent-ils pas immédiatement aux paroles prononcées par Atwood l'importance qu'elles méritaient : Atwood n'était-il pas coutumier du fait? le moi sacré ne lui avait-il pas déjà servi de thème pour illustrer son discours à Glasgow ? Ne connaissaient-ils pas sa vanité prête à toutes les imprudences? Et ne le savaient-ils pas un esprit facile à se laisser entraîner et à « enfourcher des dadas » comme il l'avait

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