‹ L'évolution du Chartisme, 1837-1839Chapitre 33 sur 65 · Sorthern Star du 8 septembre · texte numérisé non relu

Sorthern Star du 8 septembre

Middleton '. Le 80 avril, il racnnioà la Convention le ivsnltat de sa mission ; il lail part à ses collègues des impressions qu'il a recueillies : son discours nous permet de saisir sur le vif une des raisons les plus profondes de l'évolution à laquelle nous assistons. Le maître d'école du Cliartisme parle dahord de sentiments enthousiastes qu'il a l'enrontrt'S chez tous les démocrates animés du plus grand désir de soutenir la Convciilion ; et il ajoute: «Tandis (pi'un si grand nombre d'hommes mettent leur conliance dans la Convention et sont décidés à la défendre en tout événement, il est lamentable de voir parmi les Conventionnels des hommes qui n'ont pas confiance les uns dans les autres ; c'est là tout au moins l'opinion générale, un sentiment de désappointement existe en piésencc de cette mésentente entre Conventionnels. A tous autres points de vue, les meetings présentent un caractère satisfaisant. » Après le compte rendu de sa mission, Brontcri'e donne à la ('onvention le conseil de changer son siège et de le transportera Birmingham : «Dans cette ville, la Convention serait plus utile et plus unie. Le peuple a quelque idée que l'atmosphère de Londres est mauvaise pour les Conventionnels et que l'air de Birmingham serait excellent. Le peuple pense que le métier de fabriquer des fusils fortifie les bras et que la fabrication de la monnaie de cuivre a une tendance à encourager les travailleurs parcequ'elle leur donne l'idée qu'ils possèdent un capital dans leurs propres mains. Le peuple est très anxieux de voir la Convention à Birmingham à l'abri des fusils qu'y fabriquent les travailleurs ; et surtout, quand le temps des mesures ultérieures arrivera, le peuple considèr*' comme indispensable la présence de la Convention à Birmingham ou à Manchester. » Bronterre estime du reste util»' (|iie la Convention agisse comme l'avait fait le parlement d'Anglficn-e lorsf|iril siégeait une session à Winchester, une autre à Westminster, et la session suivante a York. La présence des Conventionnels à Birmingham aurait pour ellct (h; grouper et d'unir le peuple autour d'eux. Bionterre conclut ainsi : « Si les Conventionnels restent unis, s'ils piennent garde de ne pas remplir les jomnaux de misérables querelles per.sonnelles, mais de faire en sorte que les trois colonnes de compte rendu du Sn/t puissent être consacrées à une activité parlementaire foute entière vouée à servir et non à desservir la cause, la di'inoci'atie augmen-

i. Sorthern Star, du fi avril ineetiiifc' <le Briglitixi et discours de Bronterre), et SortUern Star du '» mai.

terait leurs forces en envoyant de nouveaux délégués : le peuple ne doute pas un instant du succès; les travailleurs sont décidés à triompher si la Convention veut les y aider. »

Dans ce discours qui nous révèle les divisions et limpuissance des parlementaires, Bronterre prétend exprimer les sentiments des masses cliartisies. Ur que réclament celles ci? Dabord l'union de tous les Conventionnels en vue de l'action et d'une action énergiipie : le peuple ne doute pas de la l'éussite de ses elForls, il est déterminé à agir ; mais, les Conventionnels doivent prendre résolument la direction du mouvement et conduire le peuple à la victoire. D'autre part, et c'est là si Ton en croit Bronterre un désir spontané des auditoires chartistes, Londres doit être abandonnée pour Birmingham : à Birmingham les Conventionnels se trouveront au centre même de l'armée chartiste toute prête à se lever à la voix de ses leaders. Quelles inspirations difîérentes recevront de l'atmosphère enllammée de Birmingham les Conventionnels lorsqu'ils se sentiront entourés et soutenus pai' une population enthousiaste et résolue, alors qu'à Londres l'indififérence des foules amollit leur ardeur et abat leur courage. Reçu par Bronterre des meetings auxquels il venait d'assister, ce conseil, qui allait être suivi quelques jours après, était grave puisqu'il devait rendre plus proche et plus immédiat le contact des représentants et de leurs commettants et rendre par suite aussi la pression de l'extérieur irrésistible.

Du droit de s'armer, reconnu le 9 par les Conventionnels, au conseil, recueilli par Bronterre, de siéger à Birmingham et par là de s'exposer à tous les entraînements, quels progrès en ce mois d'avril avait faits la Convention! Elle allait i)ousser plus loin ses démarches imprudentes en adoptant l'idée de mesures dont il était impossible de prévoir les conséquences : la grève générale allait réapparaître suggérée à la Convention parFeargus O'Connor, non, semble-t-il, de propos délibéré, mais par le hasard d'une flatterie à l'adresse de Thomas Atwood. Le h"" mai, comme celui ci demandait au démagogue irlandais quelles seraient les mesures ultérieures au cas où la pétition serait repoussée, Feargus répondit «que ces mesures ultérieures seraient cellesqueM. Atwood conseillait lui-même, savoir la grève générale ' », parole inconsidérée,

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