Noiheni Star du 3 août
mesure de plus grande violence : l'obligation pour tous les démocraies d'être armés conduit à penser que la grève générale ne se réduirait pas à une cessation universelle et simullanée du travail dans tous les métiers, mais qu'elle implique révonlnalité d'une lutte à main armée pour laquelle il faut être prêt. Kt la Northern Star a l'air de dire que ce n'est que partie i-emise. Ainsi convient-il à la démagogie d'entretenir la passion populaire en l'amusant de jeux dangereux peut-être, en remplaçant, par exemple, le jouet de la grève générale par celui de l'insurrection armée, sans se préoccuper si (juel(iue jour ces idées ne l'eiont pas explosion et si les armes que sont ces jouets ne partiront pas sans que l'aient voulu les hardis chasseurs do popularité.
C'est autant à l'action d'OConnor qu'à linitialive courageuse de Bronterre qu'est dii le revirement qui aboutit aux séances du S et du 6 août, tenues par la Convention à l'Arundel CotTee house, dans le Strand. C'est Bronterre O'Biien, secondé par O'Connor, qui pi'opose les résolutions suivantes, adoptées à l'unanimité, et ce vote prouve le chemin que, depuis le 24 juillet, avaient l'ait, dans l'esprit des Conventionnels, les fortes raisons alléguées contre la grève générale :
« Nous supplions nos frères chartistes d'abandonner le projet du mois sacré parce qu'il est actuellement impraticable. Nous supplions les Trades Unions, si elles veulent sauver le pays d'une violente convulsion et les familles ouvrières de la ruine, d'apporter à leurs frères en détresse toute l'aide qui est en leur pouvoir pour réaliser le grand et bienfaisant objet du Jiolidai/... Des renseignements que la Convention a pu recueillir, il ressort que le peuple n'est pas prêt à mettre en pratique le projet du mois sacré ; mais le prolétariat peut être amené, le 12 août, à cesser tout travail pour consacrer deux ou trois jours de holiday à des processions et à des meetings solennels : il en profitera pour délibérer sur la lamentable situation du pays et décider quels sont les meilleurs moyens de détourner le terrible despotisme dont sont menacé'os les classes laborieuses. Il devra être; l'econimandé au pt'upb.', dans ces meetings, d'envoyer des adresses à la reine lui rt'pri'scnliint la conduite illégale de diverses aulorib-s locales et lui demandant de renvoyer les ministres coupables d'atteintes aux droits du peuple ; CfîlMi-ci devra également affirmer, par ses résolutions, sa lidélil('' ;i la Charte du peii|)|e. »
Carpenter, appuyé par J. Me Rea, demande (luc les associations radicales el les Trades Unions impriment ces résolutions pour que, dans tout le pays, les classes laborieuses puissent se préparer aux fêtes du 12 août; le drame de la grève générale se dénoue en une fête populaire de trois jours.
Avant de se séparer pour ne reprendre ses séances à Londres que le î2G août, la Convention délègue Feargus au grand meetiu"des délégués écossais qui doit avoir lieu à Glascow le 14. De cet échec de la grève générale, cest encore CConnor qui triomphe. La Northern Star*, parlant du mois sacré dans son numéro du 10 août, ne manque pas de se féliciter et d'attribuer à Feargus tout le mérite du vole du 6 août : « Nous voyons que la Convention a adopté ridée suggérée par Mr. O'Connor d'un holiday de deux ou trois jours. Rien ne peut être plus clair, selon nous, que ceci : tout reflet bienfaisant qui [)eut résulter d'un « holiday » d'un mois peut également résulter d'un « holiday » d'un seul jour. La seule chose que le « holiday » peut faire, c'est de prouver que le peuple est uni et déterminé. » Feargus peut se glorifier désormais d'avoir sauvé la classe ouvrière et le Chartisme d'une aventure sans autre issue qu'une catastrophe. Et les circonstances ne favorisent-elles pas du reste, la gloire du Descendant des rois d'Irlande en laissant celui-ci seul, ou presque seul, libre parmi les grands leaders chartistes arrêtés, emprisonnés, mis en jugement ? c'est aux assises de Warwick le procès de Lovett et de Collins, tous deux condamnés à de longs mois d'emprisonnement'; c'est à Monmouth, celui d'Henry Vincent ; à Chester, le procès de Stéphens'* ; celui de 3Iac Douall, condamné à douze mois de prison. William Benbow, Deegan, Bronterre O'Brien vont être arrêtés.
Cependant Feargus OConnor qui, moyennant une caution de £ 600, a pu conserver sa liberté, fait à travers l'Angleterre une de ces tournées qui lui valent le renom d'être l'infatigable apôtre de la Démocratie. Le 1:2, il prend la parole à Londres à la grande démonstration cbarliste de Kennington Common '■. Le soir même, il part pour Glasgow et, pendant quatorze jours, Feargus parle,