‹ L'évolution du Chartisme, 1837-1839Chapitre 7 sur 65 · The constant travelliii;^ leaiier uf. llie movemeul · texte numérisé non relu

The constant travelliii;^ leaiier uf. llie movemeul

2. Lovelt, op. cit., p. 147 et Lovett, op. cil., \i. U7-159, 160-161-162, 173, 181, etc..

montrer offensé et bientôt après il commence dans la Norther?i Star une campagne de presse contre la W. M. A. qu'il accuse de ne représenter qu'une aristocratie ouvrière et de trahir les intérêts des classes laborieuses au profit des classes moyennes.

Le 18 novembre 1837, Feargus OConnor lance en effet un journal, la Northern- Star, dont les origines contées par Robert Lowery éclairent les procédés et le caractère du démagogue irlandais : J. Hobson, Mr. Hill et quelques autres en Yorkshire comprirent qu'il fallait un journal pour servir d'organe au mouvement naissant; ils étaient parvenus à réunir sous la l'orme d'une Société par actions quelques centaines de livres pour en fonder un. Feargus O'Connor les persuada qu'ils n'arriveraient pas à obtenir la somme nécessaire et que l'autorité d'un conseil gênerait l'éditeur et annihilerait l'influence du journal ; il propose que les actionnaires lui prêtent l'argent réuni par eux; il leur en garantirait l'intérêt, il trouverait à compléter le capital et commencerait immédiatement la publication : Hobson serait administrateur et Hill, rédacteur en chef. Ainsi fut- il fait et le journal fut nommé la Northern Star. Mais il y a toutes raisons pour croire qu'à cette époque Feargus ne possédait aucun capital et que l'argent des actionnaires ' fut le seul argent qui fut jamais consacré au journal. Heureusement pour celui-ci, le tirage s'éleva très rapidement et même jusqu'à soixante mille exemplaires.

Les masses ouvrières qui acclament Feargus O'Connor admirent en lui l'athlète : avant qu'il ait ouvert la bouche, sa stature et son port aristocratique imposent le respect à une foule amoureuse de la force physique; Feargus a plus de six pieds de haut, il possède des poings solides qui font de lui un boxeur redouté dans les élections ; et son corps paraît avoir « une charpente de fer^ ». Il a un front large et massif qui fait croire à une grande vigueur intellectuelle. Il n'est pas jusqu'à son défaut, un cou trop court, qui ne contribue à impressionner son auditoire, convaincu, dès qu'il parle, de la puissance de son gosier. Ses muscles ne sont pas en effet les seuls arguments dont l'ait doué la nature : il possède un organe qui lui assure toujours le dernier mot, il a « une voix de tonnerre qui mord l'esprit et perce les

1. Articles de R. Lowery dans le Tempérance Weekly Record, Lovett, p. 173, en note : les souscriptions furent évaluées à £ 800.

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