I. Les Aryas védiques et leurs analogues
Dans ce chapitre et dans tous ceux qui suivront nous devrons soumettre à notre investigation les peuples de
race ou plutôt de langue aryenne, c'est-à-dire les types humains, qui se targuent d'être supérieurs à tous les autres et qui le sont en effet, mais surtout à deux point de vue, celui de la science et celui de Tindustrie. Encore cette suprématie de la race aryenne est-elle de date assez récente dans la longue histoire du genre humain. Longtemps la tête a été tenue, dans la course plus ou moins rapide vers le progrès, par les Egyptiens d'abord, les Sémites mésopotamiens ensuite, enfin par Tlnde et la Perse, qui par suite occupent seulement le troisième rang dans la hiérarchie chronologique des civilisations. Quant à nous. Européens, si enclins aujourd'hui à nous considérer comme une race d'élection^ nous sommes les derniers venus dans le champ de la civilisation et l'Egypte a eu bien longtemps pour nous le dédain, que nous professons aujourd'hui pour les nègres de l'Afrique centrale et qu'alors nous méritions tout autant. Enfin les forfaits, qui déshonorent notre histoire, les vices criants de notre état social, proclament assez haut que notre caractère, notre noblesse morale sont restés bien en arrière de nos progrès industriels et scientifiques.
Au reste les antiques États aryens, Tlnde, la Perse, ont été, pour le commerce et tout ce qui s'y rapporte, des pays très comparables à la Mésopotamie, qui même a pu leur servir de modèle.
Mais ce sont surtout leurs commencements sûrement très humbles, qui auraient pour nous de l'intérêt. Or, y remonter directement est chose impossible. Pour nous en faire une idée approximative, nous n'avons d'autre ressource que d'étudier les Aryas védiques dans le passé et les Kàffirs actuels de l'Afghanistan, leurs analogues modernes. Or, chez les Kâffirs ou Siâh-Ponsch contemporains, nous trouvons que rinduslrie la plus en honneur est l'agriculture, qui est aussi plus avancée que toutes les autres. Déjà même elle est intensive grâce à l'usage des fumures ; mais comme les terrains propices sont rares, aucune parcelle n'est négligée, même on