‹ L'évolution du commerce dans les diverses races humainesChapitre 104 sur 145 · LE COMMERCE DANS L ASIE ARTENNE · texte numérisé non relu

LE COMMERCE DANS L ASIE ARTENNE

en crée en rapportant des terres et toutes sont fertilisées par rirri^ation. On cultive l'orge, le millet, le blé, la \igne. Le travail agricole est exécuté par des esclaves musulmans, que la guerre et les razzias fournissent en abondance, et aussi par les femmes, qui parfois s'attellent à la charrue à côté des esclaves. Déjà il existe une classe d'arlisans : des foirerons, des menuisiers, des tisserands, des porteurs de fardeaux, des cordonniers; mais ces derniers sont méprisés, comme le sont dans Tlnde les corroyeurs, etc. Le commerce est fort restreint. Il n'y a d'ailleurs, dans le pays, aucune route digne de ce nom et on n'y connaît d'autres embarcations que des troncs d'arbre creusés. L'or, l'argent, le cuivre, le fer sont connus ; mais le commerce se fait uniquement par troc. On donne des esclaves, des animaux domestiques, des pelleteries, des tissus contre des métaux, des armes venant de Kachgar ou de l'Afghanistan ou bien contre les produits de l'Inde.

II n'existe pas de monnaie chez les KèXfirs ; mais on y accepte pourtant la monnaie des pays voisins, dont on se sert pour commercer hors des frontières ou avec les caravaniers (1).

Par leur précoce souci de l'agriculture les Kâffirs se rapprochent de la Perse et de l'Inde antique. Par l'industrie et le commerce ils doivent différer assez peu des Aryas védiques, sur Tétat social desquels les hymnes du Rig- Véda nous renseignent si peu et si mal, quoiqu'on en ait tiré de gros ouvrages, très savants sans doute, mais à la rédaction desquels l'imagination des auteurs a trop largement contribué.

Les plus anciennes poésies du Rig-Vèda indiquent clairement un étatsocial où Tindustrie et le commerce sont très peu développés. C'est encore sur les femmes, que pesait la lourde

(l)Capas. Bull. Soc. d'Anthropologie, (1800). (Réponse au questionnaire d'ethnographie et de sociologie.)

obligation de broyer le grain et elles le devaient faire, à la mode africaine,entre deux pierres ou dans un mortier des plus grossiers (1). Elles filaient aussi la laine et le lin (2) et sans doute tissaient les étoffes. Les industries rudimentaires devaient être encore tout-à-fait familiales : w Je suis ouvrier, dit un hymne ; mon père est médecin ; ma mère est meunière. Nos fonctions sont diverses et nous désirons le gain, comme les vaches désirent l'orge » (3). L'amour du gain, l'éloge de la fortune et tout particulièrement de ce qui la représente, savoir de l'or et surtout des vaches, s'accusent en effet trop souvent dans le Rig-Védaet dénotent une race qui a dû commercer de bonne heure. A l'époque des hymnes védiques, il existait sûrement chez les Aryas védiques un commerce intérieur et des marchands avides. Ainsi quand les dieux n'accordent pas une grâce demandée, le dévot les accuse de se conduire « comme le ferait un marchand», c'est-à-dire de recevoir sans rendre, de donner moins qu'ils ne reçoivent (4). Mais le rôle du commerce est encore bien modeste dans ces petites sociétés barbares. C'est bien plus par la razzia que par les échanges, que Ton s'enrichit. Les petits rois font main basse sur les troupeaux et l^or de leurs voisins ; puis les quémandeurs, poètes ou prêtres, souvent l'un et l'autre, les flagornent pour en obletenirune part dubutin. « Le roi, dit l'un d'eux, m'a donné des vaches et de l'or; que les dieux, qu'Indrale protègent ))(3). L'usage des prêts à intérêt est déjà ordinaire et il ne va jamais sans un certain mouvement commercial : « De même, que nous accumulons, pour notre fortune, les capitaux et les intérêts, etc. etc. » (6) et ailleurs ; « Les œuvres d'Indra

(1) Fontane. Inde védique, 87.

(2) Ibid, 88.

(3) fbid,, 388.

(4) Ibid. \90.

(ri) Rig-Yeda. (Trad. LangJois). Sect. L Hymne, IX, verset. 10, (6) Ibid.y Sect. VI, hymne II, v. 17.

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