‹ L'évolution du commerce dans les diverses races humainesChapitre 137 sur 145 · I. Uùge pr6co7mnerciaL · texte numérisé non relu

I. Uùge pr6co7mnerciaL

On est en droil d'affirmer que, semblable aux grands singes, dont il est issu, Thomme a toujours vécu en société ; mais les premières sociétés n'ont été que des hordes anarchiques, qui lentement sont devenues des clans

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communautaires, où une certaine réglementation est résultée des conditions mômes de Texistence et où la solidarité a été très étroite^ — Aussi longtemps que dura cet âge du clan primitif, et sa durée fut longue, l'idée du commerce ne naquit point dans le fruste cerveau de nos premiers ancêtres ; car aucun échange ne leur était nécessaire. Dans l'intérieur du clan, tout était à tous. D'autre part, il n'existait guère de valeurs d'échange ; puisqu'on n'avait encore ni agriculture, ni bétail, ni esclaves. L'industrie, extrêmement rudimentaire, se bornait à la fabrication de quelques armes et ustensiles en bois ou en pierre, et cet art grossier, tout le monde le possédait. Donc nul commerce possible entre les membres consanguins d'un même clan. — Or, les clans voisins se répartissaient en deux catégories. Les uns étaient des clans alliés, essaims d'un môme clan ancestral et liés entre eux par des relations d'amitié et de consanguinité. Tous ensemble constituaient une tribu ; mais tous avaient mêmes besoins et mêmes ressources ; tous aussi couraient même fortune. A l'occasion, ils pouvaient bien s'entr'aider, mais qu'auraient-ils pu échanger ? Chaque clan ne possédait que le strict nécessaire, le même pour tout le monde, et, à la mort de l'un des membres du groupe, ses objets mobiliers, c'est-à-dire ses armes, ses grossières parures, ouvrages de ses mains, étaient pieusement détruits pour qu'il pût en emporter les doubles dans la vie future.

De tribu à tribu, il eu allait un peu différemment. Ces groupes ethniques, plus considérables, avaient des habitats souvent dissemblables ; de notables distances les séparaient ; on tenaitmême, comme le faisaient les Peaux-Rouges, à ce que ces marches fussent aussi étendues que possible. Longtemps les diverses tribus ne se confédérèrent point entre elles. Quand elles le firent, c'est que déjà se préparait leur fusion en petites monarchies. Entre tribus, le mode habituel de relation était la guerre. Quiconque osait

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pénétrer sans autorisation sur le territoire d'une tribu 'étrangère risquait sa vie. Avait-on besoin ou envie des provisions, des ustensiles^ des femmes appartenant à une tribu voisine ? la violence était le seul moyen de se les procurer ; il fallait recourir à la razzia ou à la guerre. Le vol à main armée tenait donc, lieu de commerce et tout étranger était considéré comme un ennemi. Nous avons vu, que, d'après les témoignages les plus authentiques, il en était ainsi chez les Fuégiens, chez les Australiens, chez les Hottentots, même chez certaines. tribus peaux-rouges. De commerce il n'était pas encore question : c'était l'âge précommercial et sa durée a dû être énorme.

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