‹ L'évolution du commerce dans les diverses races humainesChapitre 38 sur 145 · L^'VOLUTION DU COMMERCE · texte numérisé non relu

L^'VOLUTION DU COMMERCE

les valeurs jouant un rôle monétaire ont pu s'accumuler entre les main« de certains individus ; il y a eu des riches et des pauvres ; en même temps le goût du luxe, d'un luxe nègre, est devenu impérieux : il a donc fallu, pour le satisfaire, trouver des valeurs d'échange. Or, l'industrie et l'agriculture rudimentaires, même l'élève du bétail n'ont pas toujours suffi à procurer ces valeurs ; surtout ils ne les ont pas procurées assez vite. Alors on a eu recours à des procédés plus expéditifs, à la razzia^ au vol compliqué de meurtre ; on a capturé les trésors du voisin, le voisin luimême ou plus souvent ses femmes et ses enfants, afin de les échanger contre de la verroterie, etc. Le commerce, en principe utile, a vite dégénéré ; non seulement il n'a pas substitué les relations pacifiques à la guerre, mais il a déchaîné celle-ci sans mesure ni trêve, faisant d'une grande partie de l'Afrique un champ de carnage et de pillage, y appelant même des caravanes de bandits étrangers, dont la méthode commerciale consiste surtout à tuer pour voler. D'ailleurs, il est deux genres de commerce, qu'il importe de distinguer. A l'intérieur d'une tribu ou peuplade, les échanges ont sûrement plus d avantages que d'inconvénients ; même les marchés, quand il s'en établit, sont à la fois signes et gages de concorde intérieure. C'est surtout le commerce extérieur, les échanges entre tribus et races diverses, qui déchaînent l'avidité, laspéculation sans scrupule, la razzia sanglante et esclavagiste ; c'est lui, qui le plus souvent mérite d'être incriminé et maudit.

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