Le commerce chez les Berbères anciens et les Touareg
Dans les sciences en voie de formation^comme l'anthropologie en général et la sociologie en particulier, on doit se tenir en garde contre deux travers également nuisibles ; l'un qui consiste à généraliser, à théoriser trop vite ; l'autre
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qui porte au contraire à respecter outre mesure des théories anciennes et hàtivenent conçues, masquant les problèmes sans les résoudre. Ainsi jusqu'à nos jours, jusqu'à ce jour plutôt, on a admis sans conteste que TEurope et TAfrique du nord ont reçu de TAsie leur population blanche et le plus clair de leur civilisation . A peine a-t-on consenti à ne point considérer les hommes paléolithiques, nos plus lointains ancêtres, comme étrangers à l'Asie ; mais à Fhomme néolithique on impose encore le plus souvent un centre de création asiatique.
Ces conclusions trop tôt formulées commencent à être battues en brèche. Peut-être même est-on allé trop loin dans la réaction en mettant en doute même Torigine asiatique des races aryennes ; mais, quant aux plus anciens de nos néolithiques, ils sont vraisemblablement venus d'Afrique et se rattachent à la grande race berbère.
Dans le midi de la France, l'homme dit de Cro-raagnon est le type de Tancienne race berbère ; on a commencé par le retrouver ailleurs, notamment dans les grottes de Menton ; puis il a bien fallu l'identifier d'abord avec les premiers habitants des Canaries, avec les Guanches. Mais à leur tour ceux-ci se rattachent indubitablement aux premières populations de l'Afrique présaharienne, aux Touareg, aux Kabyles aux Lybiens de l'antiquité, lesquels sont eux-mêmes consanguins des anciens Egyptiens. Nous avons à étudier successivement tous les groupes divers de cette série, d'abord les Guanches, puis les Berbères africains.
Des Guanches il y a peu à dire au point de vue commercial. Ces insulaires vivaient en tribus monarchiques, docilement soumises à leurs princes, à leurs nobles, à leur clergé: ils cultivaient une unique céréale, Torge, dans un sol que chaque prince allotissait entre ses sujets, à peu près comme dans l'ancien Pérou (1). Entre eux, les petits rois despotiques
(1) Sabin Berlhelot. Mém, sur les Guanches (Mém. Soc, ethnoL, t. I, 129-177).