FAR 1. DER
L'insuline ralentit donc l'évolution du diabète, mais elle ne l'empêche pas de s'aggraver progressivement.
2° Un fait est patent chez nos 3 malades, qui cache totalement l’aggravation réelle de leur diabète : c’est la persistance, en définitive, d’un état de santé satisfaisant, même chez Mme B.., dont le diabète est particulièrement évolutif et qui a déjà subi plusieurs attaques de coma.
L'insuline permet donc de pallier l'aggravation progressive du diabète, d'en rester maître, et dans une large mesure, d'en sauvegarder le pronostic.
Ces deux conclusions capitales et concomitantes qui se dégagent de nos observations personnelles, sont, dans le prolongement direct des constatations faites depuis 6 ou 7 ans déjà par M. le Professeur LaABBé. Notre Maître a été, en France, l’un des premiers auteurs à interpréter scientifiquement le rôle de l’insuline dans l’évolution du diabète grave.
2. Les améliorations véritables du diabète avec dénutrition sous l’action de l’insuline
Nous venons de voir comment se présentaient à l'heure actuelle l’évolution et le pronostic du diabète avec dénutrition dans la généralité des cas.
Il existe, d’autre part, un petit nombre de faits, mais de gros intérêt scientifique :
Ce sont, chez certains malades, les améliorations véritables de ce diabète grave, exprimées par l'élévation du taux de la tolérance aux hydrates de carbone, telle que la dose d’insuline nécessaire a pu être diminuée de façon notable.
EH
Il s’agit d'améliorations nettement imputables à l'insuline, puisque, avant son application, il n’en avait jamais été rencontré.
Indiscutablement, l’insuline exerce donc parfois une action curatrice assez sérieuse.
Certains auteurs croient qu'après avoir en quelque sorte touché son fond, le diabète est susceptible aujourd’hui de marquer, grâce à l’insuline, une évolution régressive plus ou moins accentuée, mais que l’on a encore jamais vue aboutir à la guérison : la dose d’insuline peut être réduite, elle ne peut être supprimée.
Aux Etats-Unis, Joscin et BANTING ont publié des cas de diabète grave où l’amélioration est certaine : les malades n’ont plus besoin d’une aussi forte quantité d’hormone pour se maintenir en équilibre.
Fait intéressant, ces auteurs constatent que ces améliorations s’observent précisément chez des sujets qui ont suivi très exactement leur régime et leur insuline et sont restés constamment aglycosuriques.
En France, M. Marcel LABBÉ a rapporté plusieurs observations où la tendance du diabète à la régression apparaît clairement.
Il voudra bien nous permettre d’en reproduire la suivante, condensée dans un tableau frappant :