OBSERVATION OUD
Diabète avec acidose
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En l’espace de 20 mois, la tolérance hydrocarbonée fait une ascension continue et s'élève de 57 à 182 H. C. totaux.
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Cette autre observation que nous devons à la bienveillance de M. le Professeur LABBÉ est encore plus démonstrative :
Diabète avec dénutrition. Amélioration importante.
Madame Y.….
En 1921, à l’âge de 28 ans, à la suite d’une infection intestinale, est prise de soif intense avec amaigrissement et glycosurie de 35 gr. par litre, qui s’élève plus tard à 50 gr.
Son poids tombe à 45 kgs pour une taille de 1 m. 52.
Grande nervosité. Insomnie.
Foie normal. Tension artérielle 14-7.
Pendant 4 ans, le diabète est assez mal soigné. C’est en 1925 que la malade va consulter M. le Professeur Labbé.
Elle pèse alors 50 k. 800, a 2 litres d’urines, 145 gr. de sucre par 24 h., une réaction de Gerhardt très positive, 0 gr. 59 de corps acétoniques.
Elle est mise à un régime apportant 51 gr. d’H. C. préformés, que l’on porte dans la suite à 80, et au traitement par l'insuline de 10 à 60 unités par jour.
La glycosurie baïsse, mais se maintient dans les 7 gr. par 24 h. ; les corps acétoniques urinaires s’élèvent à 3 gr. 5, puis descendent vers 0 gr. 57. Le poids passe de 50 à 55 kgs de décembre 1925 à mai 1926.
Dans la suite, et dans le cours de l’année 1927, on abaisse Pinsuline à 50, 40, puis 30 U. par 24 h., pour la remonter ensuite jusqu’à 60 U.
La glycosurie persiste toujours mais légère, entre 5 et 20 gr. par jour. L’acidose persiste avec 0 gr. 30 à 0 gr. 40 de corps acétoniques. Le poids se maintient aux environs de 50 kgs. Cependant, la malade mange un peu plus qu’elle ne devrait. Sa digestion est médiocre, elle a parfois de la diarrhée ; le cæcum est douloureux mais il n’y a pas d’appendicite.
Elle présente de temps en temps des crises d’hypoglycémie. Elle reste nerveuse et dort mal.
Cependant, peu à peu, une amélioration se produit à partir de 1928, due, semble-t-il, à ce que la malade a mieux suivi son régime et fait très régulièrement ses injections d’insuline : la glycosurie cesse.
Progressivement, on abaisse l’insuline de 60 à 50, 40, même 30 unités par 24 h., sans que la glycosurie reparaisse. L’acidose elle-même disparaît ou se réduit à © gr. 20 ou 0 gr. 30. Le poids se maintient entre 49 et 52 kgs.
Depuis 1929, la malade est presque constamment sans gly- ‘cosurie et sans acidose. Son poids est constant, elle n’a pas
10 eu
de crises d’hypoglycémie, ne présente plus de troubles digestifs. Son état général est bien meilleur. Son aspect est très satisfaisant. On ne la croirait pas atteinte d’un diabète aussi grave à la voir si active et mondaine.
Cette observation représente, en résumé, une histoire de diabète grave ayant 12 ans d’existence. Ce diabète a subi une amélioration notable, maintenue depuis 4 ans, et telle que la dose d’insuline quotidienne a pu être réduite de moitié.
Nous-même, au cours de notre étude, avons rencontré chez une diabétique grave une tendance à la régression du diabète.
Voici l’observation de cette malade :
Diabète avec dénutrition. — Tendance à l'amélioration.
Mlle Lé.…. Esther, 43 ans.
Diabète avec dénutrition découvert au début de 1924, à l’âge de 35 ans, du fait de l'apparition sans raison apparente d’un syndrome net d’hyperglycémie avec glycosurie et amaigrissement. La malade suit d’abord un régime alimentaire vague, qui laisse persister la glycosurie.
En août 1924, elle est hospitalisée dans le service pour un anthrax, avec une glycosurie de 130 gr. par 24 heures, et de l’acétonurie. Une cure de légumes verts les réduit à 0 en quelques jours. L’anthrax guérit, le poids augmente ; la malade quitte l’hôpital et reprend son travail.
En octobre 1926, fatigue générale, amaigrissement de plusieurs kilogs (de 44 k. environ à 37 k. pour une taille de 1 m. 50). Glycosurie de 137 gr. par 24 heures avec forte acidose. Nouvelle hospitalisation. On institue l’insulinothérapie avec 60 U. par 24 heures qui, associée à un régime réduit, fait disparaître glycosurie et acidose. Deux examens de laboratoire pratiqués à l’entrée ont bien confirmé qu’il s'agissait d’un diabète avec dénutrition azotée :
Un rapport azotémique de 36 % ; Un rapport azoturique de 42,8 %.
La malade quitte le service au bout d’un mois, continuant par la suite régime et insuline à la même dose.
En décembre 1927, nouveau séjour dans le service : la malade est amenée avec abcès de la fesse (consécutif à une injection mal faite) en pleine poussée acidosique, dans un état de subcoma avec une réserve alcaline tombée à 15 vo-
lumes,
On pratique une insulinothérapie énergique (320, 180, puis 140 U. quotidienne) associée à un régime de bouillon, de lait et de légumes verts. La glycosurie et l’acidose ne disparaissent complètement qu'après 4 semaines, l'insuline ayant peu à peu été abaissée à 50 U., et le régime mixte établi comportant finalement 150 H. C. totaux.
La malade quitte le service fin janvier 1928, parfaitement rééquilibrée avec une tolérance hydrocarbonée égale à :
Dans la suite, elle reste suivie par la consultation : l’amélioration s’accuse davantage. Elle engraisse de 9 kgs en six mois et peut travailler.
En 1929, l'insuline est portée à 60 U. au lieu de 50, pour faire disparaître des traces persistantes de glucose et d’acétone dans les urines, et le régime est abaissé à 133 H. C. totaux.
En juin 1930, on tente de ramener l'insuline à 50 U. Retour de la glycosurie et d’une acidose visible à la réaction de Gerhardt. La dose de 60 U. est rétablie. La glycosurie disparaît de nouveau, mais une très faible acétonurie, décelable par la réaction de Legal, persistera longtemps.
La tolérance hydrocarbonée apparaît bien établie, en 1930, Are
133 (C0 57) SE en baisse de 33 % sur 1928, malgré le maintien du bon équilibre et la fixité du poids à 50 kilogs.
Au début de 1931, amaigrissement, accentuation de l’acétonurie. La malade se plaint de nervosité, insomnie et accuse une crise récente de palpitations. On ne note ni goître, ni tremblement, ni exophtalmie, mais une légère tachycardie à 96. La mesure du métabolisme basal le montre élevé à 36 %. On prescrit un traitement iodé, assez mal toléré, suivi pendant un mois environ.
Le poids se relève à 50 kilos en 6 mois et les troubles disparaissent. Ii n’y a plus d’acétonurie.
Les mois suivants, le bon état persiste et, fait très intéressant, il semble que progressivement se dessine une régression du diabète à en juger par l’augmentation de la tolérance hydrocarbonée.
En avril 1932, l’Insuline restant fixée à 60 U, le régime apportant 137 gr. d’'H. C. totaux et la glycosurie restant nulle la toiérance est de :
137 — (60 X 1,25 = 75) — 62 en hausse de 6,4 % sur 1930.
En mars 1933, même état satisfaisant.
L’Insuline a pu être abaissée à 40 U du fait de quelques malaises hypoglycémiques, sans que la glycosurie ni l’acidose
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reparaissent. Le poids se maintient aux environs de 50 kgs. La tolérance est encore en hausse, cette fois notable, et atteint : 137 — (40 X 1,25 — 50) = 87
CoNcLUSIONS : La hausse de la tolérance hydrocarbonée chez cette malade paraît indiquer une amélioration sensible au diabète : cette hausse atteint aujourd’hui 50 % et a commencé — d’abord discrète — il y a un an.
Mais on sait combien il faut être prudent dans les interprétations de ce genre.
Dans le cas particulier, l’abaissement de la dose d'insuline est encore trop récent et l’on ne peut parler ici pour l'instant que de tendance à la régression du diabète.
Il convient de faire remarquer que ces améliorations du diabète grave, même nettement établies depuis un certain temps, comme chez Mme Y.…, n’autorisent nullement un relâchement dans la régularité du traitement insulinien ou dans le régime alimentaire. La moindre faute risque d’être le signal d’un retour à l’aggravation.
Le diabète reste instable et toujours prêt à évoluer.
D'ailleurs, ces améliorations réelles ne constituent, répétons-le, que des faits plutôt rares.
Elles sont comme des touches optimistes qui ne doivent pas égarer ni faire perdre de vue l’ensemble du tableau :
Le diabète grave avec dénutrition azotée, plus propre au sujet jeune, reste dominé par le caractère général de son aggravation évolutive.