ERNEST
lisé en France fut le Dispensaire Emile Roux, de Lille, auquel le professeur Calmette donna le nom de preventorium, afin d’en bien montrer la ligne de conduite.
Le Dispensaire Emile Roux de Läille va nous servir de modèle pour la description de cette conception. Ces institutions ont été conçues comme des instruments de prophylaxie et non comme des instruments de cure. À ce dispensaire, le malade ne reçoit ni consultations, ni soins, ni médicaments: le préventorium se borne à rechercher, à attirer, à retenir les suspects de tuberculose ou les tuberculeux avérés de la classe ouvrière. Ces trois buts sont atteints par une propagande active dans les milieux populaires, par des conseils donnés sans compter aux malades et à leur entourage, par des secours alimentaires ou en nature. Ainsi amenés et retenus au dispensaire, les malades se trouveront soumis à toute une série de mesures prophylactiques: remise de crachoirs de poche, d’antiseptiques, nettoyage et désinfection des locaux, lessivage du linge, etc.
Voilà le programme que se proposent ces dispensaires ; voyons par quelle organisation ils le réalisent et quel est leur fonctionnement.
I. Locaz. — On peut dire que l’emplacement du local est un des premiers facteurs de la réussite de la lutte que va entreprendre le dispensaire; il doit être placé au centre même des quartiers populeux, au milieu de sa clientèle. Ne nécessitant aucune installation bien particulière, le dispensaire peut très bien s’accommoder d’un immeuble déjà existant dont les locaux se prêteraient à l’adaptation dont il s’agit; mais, il conviendra toutefois de prendre toutes les dispositions nécessaires pour que la salubrité du local ne laisse rien à désirer: large aération, angles ar-
rondis, planchers et murs imperméabilisés, ete. Il est évident, d’ailleurs, que, si les moyens financiers dont on dispose le permettent, il sera préférable de faire édifier un’ bâtiment neuf et spécialement construit.
Nous ne citerons que, pour donner une vue d'ensemble sur le préventorium, un exemple de distribution intérieure du local. L’on y trouve le plus souvent:
. Une salle d’attente pour les malades à
Un bureau pour l’enquêteur de service;
Une ou deux salles de consultations munies de tous les appareils nécessaires à l’examen clinique des malades ;
Un petit laboratoire pour l’examen bactériologique des crachats :
Une chambre noire pour la laryngoscopie ;
Une lingerie-pharmacie;
: Un bureau d’économat ;
Un hall vitré, exposé autant que possible au midi, où les malades pourront apprendre l’usage de la chaise longue et faire des exercices de gymnastique respiratoire; Une ou plusieurs salles de bains-douches à eau chaude avec vestibule de déshabillage ;
Une buanderie à vapeur pour le blanchissage et le séchage du linge;
Une laiterie pour la réception, la stérilisation et la distribution du lait aux malades.
Local et mobilier devront être facilement désinfectés ; c’est dire que la simplicité sera de mise ici. Le chauffage sera réalisé par la vapeur à basse pression devant amener une température d’au moins 20 degrés.
IT. PersoNNeL. — Dans la conception du professeur Calmette, la grande ligne directrice pour les médecins chefs de service est que, pour grand que soit leur rôle de médecin, leur rôle d’hygiéniste prend, malgré cela, la place im-