‹ L'Évolution du dispensaire antituberculeuxChapitre 25 sur 41 · TT · texte numérisé non relu

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V. Coxczusroxs. — Telle est l’organisation du Dispensaire Léon-Bourgeois, telles sont ses annexes. On voit l’importance de cette création due à l’éminent sénateur. Nous tenons à insister encore sur la conception que l’on doit se faire du dispensaire, afin de bien montrer qu’il ne doit pas être distingué des autres services hospitaliers; dispensaire de prophylaxie, il en possède tous les agents externes que nous avons vus peu à peu se créer autour d’autres dispensaires, mais, ici, tous ces agents sont groupés, centralisés dans la main du médecin directeur. Dans la main de ce même médecin sont ainsi centralisées toutes les ressources connues pour le traitement de la tuberculose. C’est là, au dispensairé, un centre bien conçu qui demeure le lieu d’élection des méthodes nouvelles et de progrès incessants.

C’est ce que l’éminent philanthrope Léon Bourgeois avait poursuivi en demandant la création du dispensaire qui devait porter son nom. « Le dispensaire, écrivait-il, sera le centre de notre action prophylactique et le point de mise en mouvement de notre action hospitalière. Il appellera à lui tous les malades..., le malade n’aura pas à chercher avant d'entrer, s’il appartient à la catégorie pour laquelle le dispensaire est créé. Il viendra au dispensaire parce qu’il est, parce qu'il craint de devenir tuberculeux, et ce sera affaire au personnel du dispensaire de le diriger là où il convient, parce que cette consultation générale disposera de tous les modes de traitement. » (1)

Le seul reproche que l’on puisse adresser au Dispensaire Léon-Bourgeois, c’est d’avoir une compétence territoriale trop restreinte. Mais il convient de dire qu'il ne fut

(1ÿ Léon Bourgeois. Rapport au Conseil de surveitlance du 10 février 4906, page 25.

7 14 jamais dans l’idée des organisateurs de ce dispensaire de résoudre ainsi définitivement la question de la lutte contre la tuberculose à Paris. |

Ce que l’on a voulu faire, c’est une organisation qui représente un type, un type inédit, un type logiquement conçu. et satisfaisant. L'étude de cet organisme, confirmée d’ailleurs par une expérience de plusieurs années, montre bien que ce type est devenu une réalité, et réalité qui a prouvé surabondamment que la méthode est essentielle et se pose comme condition de tout effort utile, dans le domaine scientifique comme dans le domaine social.

La pratique a condamné le dispensaire isolé. Ce qu'il faut, c’est créer le dispensaire en connexion étroite avec l’hôpital, avec le sanatorium, avec l’hôpital suburbain; c’est assurer l’unité médicale et administrative. Aïnsi, on réalisera le vœu de l’Académie de médecine qui, dans son ordre du jour du 1* juillet 1913, groupe avec les soins au malade & les mesures de prophylaxie, l’assistance à la famille, la question hospitalière de l’isolement du tuberculeux ». C’est ainsi seulement que l’on parviendra à appliquer le programme de la Commission permanente de préservation contre la tuberculose de 1905: création d’hôpitaux spéciaux, de galeries de cure, de dispensaires, etc.

Ainsi organisée, la lutte sera efficace. « L’assistance des tuberculeux à domicile, l’isolement des tuberculeux à l’hôpital et leur traitement à Paris, à la campagne, dans les établissements spéciaux, la protection des non-tuberculeux à l’hôpital, dans la famille, la prophylaxie, autant de données du problème qui sont fonctions l’une de l’autre. » (1) Contre une affection dont les causes favorisantes sont mul-

(1) A. Mesareur, io” “1.

Erupos

tiples, le Dispensaire antitubereuleux Léon-Bourgeois est un excellent instrument de défense, parce que, tout en demeurant spécialisé, il a su s’adapter à des conditions individuelles essentiellement variables. Grâce à lui, le mal sera cerné et traqué de toutes parts, avec une systématique persévérance, jusqu’à sa complète extermination.

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