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tre consolidée; un séjour à la campagne, avec régime convenable et grand air, résout pour le tuberculeux le problème désastreux de la sortie de l’hôpital de ce malade, encore fragile, et exclu des hôpitaux de convalescents. L'hôpital suburbain leur donne ce répit nécessaire avant la reprise de la vie normale, c’est « l’abri » contre les mauvaises habitudes et les privations, c’est le complément du traitement médical par la cure d’air, si vantée à juste titre. Là, le malade complètera encore son éducation hygiénique et prophylactique, commencée au dispensaire, et que ce même dispensaire poursuivra, une fois le malade rendu à ses occupations, en même temps qu’il pratiquera une surveillance médicale utile.
L'action des divers éléments de lutte antituberculeuse s’enchaîne, comme on le voit, et il est facile de comprendre les heureux résultats que l’on obtiendra grâce à une habile coordination de ces divers services: c’est le résultat qu’a brillamment atteint l’Assistance publique par la création du Dispensaire Léon-Bourgeois et de ses annexes.
Avant de passer à l’étude d’une autre branche de cette organisation de lutte antituberculeuse, il convient de faire une remarque qui a son importance. Quelques lignes plus haut, nous avons laissé entendre qu'il y avait quelque analogie entre l’hôpital suburbain de Brévannes et un hôpital de convalescents. Cette analogie n’est que partielle, et, pour avoir voulu la considérer comme complète, l’Assistance publique commit au début une lourde erreur; comme pour les maisons de convalescence, elle avait fixé un délai identique pour tous les malades dont le séjour à Brévannes devait être de trois mois. Déterminer d’une façon aussi immuable le traitement d’une maladie aussi variée que la tuberculose était un acte tout au moins illogique: car l’on peut dire que chaque malade réagit de
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façon spéciale à l’attaque du bacille de Koch. Peu logique au point de vue scientifique, ce délai immuable causa les pires effets au point de vue moral; les malades voyaient approcher avec terreur le jour de leur sortie, et leur état d’esprit se prêtait bien peu à une amélioration que le séjour à la campagne devait amener. Ces inconvénients furent vite relevés, et, rapidement, une nouvelle règle s’établit: le médecin devint le seul juge de la durée du séjour à Brévannes; il peut conserver son malade autant qu’il lui semble utile, il peut le renvoyer quand le séjour lui paraît contre-indiqué. De plus, l’action morale du médecin pourra largement s’exercer sur un malade qui ne se sentira plus un hôte de passage.
Tel est le fonctionnement du second groupe hospitalier mis à la disposition du dispensaire.
c) Le Sanatorium. — Nous en arrivons maintenant, après toutes ces étapes, à ‘étudier le rôle, dans la lutte antituberculeuse, d’un élément dont on a voulu, bien à tort d’ailleurs, faire le rival du dispensaire. Le sanatorium et le dispensaire, bien loin de constituer deux institutions antagonistes, sont, au contraire, deux organisation sociales se complétant heureusement, se prêtant un mutuel appui, et aussi indispensables l’une que l’autre dans l’armement antituberculeux. Le sanatorium, en effet, est un rouage important de cette puissante organisation qui doit se grouper autour du dispensaire, ainsi que le présent travail s’efforce de le démontrer.
Le sanatorium est un instrument de lutte antituberculeuse, de conception relativement ancienne et sur lequel, au début, on fondait de grands espoirs. Le coût énorme de ces établissements, le nombre restreint des malades secourus leur enlevèrent beaucoup de partisans; rapide-
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ment, en France, l’idée du sanatorium fut supplantée par celle du dispensaire, et nous assistons maintenant à la réalisation de la seule solution logique: l’alliance du sanatorium et du dispensaire, de concert avec les œuvres sociales, en vue d’une lutte efficace contre ce mal social qu’est la tuberculose.
C’est à l’administration de l’Assistance publique que reviennent les mérites de cette innovation. Le Sanatorium Villemin à Angicourt, sans être placé, comme Brévannes, dans rune dépendance réglementaire du dispensaire, a été, en effet, mis avec lui en relations étroites et nécessaires. Il convient de signaler les raisons qui ont motivé cette indépendance relative du sanatorium: c’est, en effet, un instrument délicat dont le fonctionnement présente parfois de sérieuses difficultés. Aussi, est-ce avec raison qu’on a voul laisser au médecin-chef, le docteur Küss, son auto-. nomie et sa responsabilité, de même que le choix du mode de recrutement (examens préalables par M. Küss, présentation à une commission mensuelle).
D'après cela, il semblerait que l’unité de direction dont nous faisions la qualité maîtresse dans l’organisation Léon-Bourgeois soit un peu abandonnée. Il n’en est rien, car le dispensaire va jouer aussi un rôle important. Cette unité de direction se trouve réalisée dans l’examen préalable des conditions hygiéniques et dans la surveillance des malades d’Angicourt à leur sortie? Le dispensaire aura, en effet, la charge de faire les enquêtes et les visites pour chaque candidat; c’est le dispensaire qui aura soin de suivre les malades; de rester en relations avec les familles durant leur séjour, et de les diriger à leur sortie. Et que l’on ne croïe pas qu’il s’agisse là de surveillance indulgente; bien au contraire, seule la fréquentation assidue du dispensaire donne droit aux secours habituels que
la moindre indiscipline, rapidement révélée par de sérieuses enquêtes, ferait impitoyablement refuser.
Cette indépendance relative, répétons-le, ne nuit en rien à la liaison des divers rouages du dispensaire. Et, comme le dit, avec beaucoup de justesse, M. A. Mesureur, « cette liaison n’est que l’application du principe essentiel, considéré par nous comme la base indispensable de toute adaptation efficace pour la lutte antituberculeuse ».
Quelques mots rapides maintenant sur l’organisation du Sanatorium Villemin: cet établissement ne reçoit que des hommes ; les femmes sont reçues dans diverses autres maisons de convalescence pour tuberculeux: le Service du «rez-de-chaussée » à Brévannes, le Sanatorium de Larue, etc., etc.
d) L’Asile de la ville de Paris. — Par ce qui précède, on peut juger de l’étendue des moyens d’action du dispensaire, véritable pivot de la lutte contre la tuberculose. Malgré cela, l’Assistance publique voulut pleinement réaliser le programme que lui avait si bien tracé Léon Bourgeois, et elle décida d’ajouter à toute cette organisation de défense un asile dit « de la ville de Paris ». Sa réalisation est prochaine, et déjà l’on peut dire quelles seront les bases de fonctionnement de cet asile.
Malgré la multiplicité des moyens mis à la disposition du dispensaire, il y a encore des tubereuleux, à des degrés différents, qui, pour des causes diverses, n’ont pu être secourus, soignés, éduqués. C’est à ceux-là que s’adressera l’Asile de la ville de Paris. Il convient bien d’insister sur ce point que l'établissement, convenablement organisé dans ce but, recevra des malades de toute catégorie; on évitera ainsi la renommée fâcheuse qui s’attacherait à l’asile à la faveur d’une délimitation trop sévère.
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L'’utilité de cet établissement ne fait pas de doute. En aurait-on, qu'il suffirait, pour les dissiper, de citer certaines catégories de tuberculeux qui bénéficieront particulièrement d’un séjour dans cet asile. Signalons les « demivalides » dont l’activité est réduite, sans être supprimée. Ils pourront, dans cet établissement, trouver, en même temps que des soins appropriés, une occupation en rapport avec leur état, au lieu de revenir à leur atelier où, en s’exposant à toutes les imprudences, à tous les excès, à toutes les privations, ils deviennent incurables et sèment inévitablement autour d’eux la contagion. Pour compléter cet aperçu, disons que le travail de ces demi-valides pourra être utilisé, et, par son produit, diminuer quelque peu les frais d’hospitalisation. Une autre catégorie, également intéressante, est celle des « vieillards tuberculeux » exclus, cruellement, mais avec raison, de nos hospices; une autre encore est celle des «& chroniques tuberculeux pulmonaïi- Le à et l’autre de ces catégories, et bien d’autres encore, trouveront là, sans doute, quelques salles.
Disons enfin que cet établissement sera placé dans le domaine de la Mare-Plate, près Paris, dans une situation tout à fait favorable: sur un plateau, à la lisière de grands bois, il dominera la vallée de la Seine à une altitude moyenne de 180 mètres.
« Les médecins placés à la tête de ce grand hôpital su- Lurbain, à la fois hôpital, hospice, asile, trouveront, dans le fonctionnement d’un instrument aussi varié, le moyen de pratiquer la lutte contre la tuberculose. Ainsi se réalisera, par l’association avec le ou les dispensaires hospitaliers parisiens, cette unité de direction qui caractérise la nouvelle méthode. »