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bon de fixer quelque peu notre attention sur ce point. « En dehors des. antiseptiques et de l’huile de foie de morue, écrit Calmette, nous ne distribuons pas de médicaments... ; nous évitons ainsi le reproche d’enlever aux médecins quelques-uns de leurs clients. » Cela ne tient pas debout, parce que la clientèle du dispensaire, étant indigente, ne nourrit guère son médecin, et qu’à ce compte-là, il faudrait égale-
dent se plaindre des nombreuses consultations gratuites
des hôpitaux ou des mutualités, pour lesquelles la surveillance est à peu près impossible, et que fréquentent trop souvent des malades dont l’indigence est parfaitement contestable. La seule réponse à faire sur ce point est de reconnaître la nécessité d’exercer un contrôle sévère sur les : ressources des malades qui fréquentent le dispensaire: l’enquête sociale, que nous avons trouvée à la base de toutes les organisations, renseignera utilement les dirigeants du dispensaire et permettra de renvoyer à leurs médecins ceux des malades qui ont les moyens d’en rémunérer les services.
D’autres esprits, sans doute plus chagrins, vont plus loin encore. Il nous suffira de citer textuellement l’un de ces auteurs pour montrer l’absurde exagération d’un tel raisonnement: « Au début, écrit Vimont dans le Concours Médical, le dispensaire remplira les indications conformes à sa création, mais, très rapidement, on arrivera à se persuader qu’il est inhumain de ne pas donner à un malade de vraies consultations médicales et de ne pas faire de distributions de médicaments. On fera donc très rapidement de la thérapeutique et le dispensaire d’hygiène sera en peu de temps une clinique médicale. » Et de là, cet auteur arrive à conclure que bientôt, au dispensaire, on soignera, même à titre gracieux, les blessés. Ce reproche,
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qui, d’ailleurs, s’adresse aussi au Dispensaire Calmette, est par trop exagéré; il nous paraît inutile de le réfuter.
Calmette lui-même réfute, par ses gestes, le reproche adressé au Dispensaire Léon-Bourgeois de concurrencer les médecins. Après avoir dit, en 1901, que «le médecin du préventorium a le devoir de s’abstenir des interventions thérapeutiques, qu'il doit éviter de gratifier ses malades de séances d'électricité ou d’ozonisation, d’injections médicamenteuses diverses, de potions et de spécialités pharmaceutiques susceptibles de transformer le préventorium en une polyelinique à réclame tapageuse » (1), il proclame, douze ans après, en 1913, que « le médecin du préventorium a le devoir de s’abstenir des interventions thérapeutiques coûteuses, mais qu’il faut cependant qu’il assure à ses malades le meilleur traitement approprié à leur état, et qu'il sache garder toute leur confiance » (2). Il nous semble qu’une pareille évolution chez le défenseur du dispensaire de prophylaxie démontre surabondamment le mal fondé de ce reproche.
Il est toutefois une catégorie de médecins qui peuvent réellement avoir à souffrir de la concurrence de la part d’un dispensaire. Ce sont les médecins de l’assistance, payés à la visite, et dont la clientèle se trouve être celle qui fréquente ces établissements de lutte antitubereuleuse. Cette objection, parfaitement justifiée, se trouve mentionnée dans un article de P. Faïvre: le remède y est d’ailleurs également indiqué. Pour éviter de porter atteinte à cette intéressante catégorie de médecins, il suffirait de
(1) Caimette. Le PréventoriumE. Roux.
(2) Calmette. Programme pour l'organisation et le fonctionnement des dispensaires spéciaux en vue de la lutte contre la tuberculose.