‹ L'évolution du droitChapitre 1 sur 233 · IV PREFACE · texte numérisé non relu

IV PREFACE

connaître au public de langue française que les ouvrages de Jhering qu'il a consacrés à l'étiule du droit romain. Je n'ai donc pas assez fait pour sa gloire, et il me reste un pieux devoir à remplir envers la mémoire du grand juriste : celui de faire connaître son œuvre la plus vaste, celle qui a occupé tous ses instants pendant les vingt dernières années de sa vie, et qui contient la synthèse de sa pensée juridique toute entière. Une autre considération m*a conduit à produire enfin cette traduction, qui présentait de grandes difficultés, et à vous la dédier. Vous êtes le protagoniste des belles et vastes spéculations de la philosophie du droit, et vous avez assurément remarqué comme moi que, depuis que tout le monde s'occupe de sociologie, on rencontre partout, dans la presse, et ailleurs aussi, les idées les plus étranges sur des points qui touchent aux bases de l'ordre social. Vous verrez comment Jhertng établit ces bases, et vous me saurez gré, je pense, d'avoir fait jaillir pour le public français, en me couvrant du nom de ce grand penseur, « des éclairs « qui surprennent, qui éblouissent, qui répandent une « fulgurance inattendue sur de vastes espaces où semblait « ne régner que la nuit. »

Le dernier volume de V Esprit du Droit Romain se terminait par une exposition de la théorie générale des droits. L'auteur y examinait les éléments substantiels du droit, et, s'écartant des théories généralement admises, depuis HtGEL, d'après lesquelles la substance du droit gît dans la volonté, il établissait que les droits sont des intérêts juridiquement jjrotéçés. C'est Yutilifé (\m est la substance du droit. La suite de l'ouvrage devait fournir la démonstration et le développement de cette thèse. Mais

Page 1