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Le but du droit. — Les conditions vitales de la société

Somoiaire : 180. Mission du droit — 181. Notion des conditions de vie de la société. — 182. Caractère relatif des conditions de vie de la société. — 183, Exemples : L'enseignement publie. — 184 Id. : Les cultes. — 185. Subjectivité des conditions de vie de la société. — 186 Classification des conditions de vie de la société. - 187. Conditions mixtes. Conservation de la vie. — 188. Id. Propagation de la vie. — 189. Id. Propagation de la vie. Célibat. —190 Id. Travail. — 191. Id. Commerce juridique. — 192. Conditions purement juridiques. — 193. Classification des règles du droit d'après le sujet but du droit.

Les deux éléments du droit, la norme et la contrainte, que nous venons danalyser, sont des éléments de pure forme qui ne nous apprennent rien du contenu du droit. Tout ce qu'ils nous disent, c'est que la Société exige de certaines choses

288 GHAP. VIII. MÉGANIQUE SOGIALE.

de ses membres. Mais pour quelle cause, à quelle fin? Nous ne le distinguons pas. Nous restons en présence de la forme extérieure et immuable du droit. Le contenu seul du droit nous apprend sa véritable utilité sociale. C'est le sujet que nous abordons.

180. Mission du droit. — C'est un problème insoluble, dira-t-on, de rechercher ce qui constitue le contenu du droit, car il est éternellement changeant; tel il est ici, autre il sera là. C'est un chaos en perpétuelle fusion, s'agitant sans frein ni règle. Ce qui est défendu ici, sera permis plus loin, ce qui est prescrit ici, se trouve prohibé là-bas. Foi et superstition, sauvagerie et civilisation, vengeance et amour, cruauté et humanité, que sais-je encore? le droit a tout accueilli, tout consacré, sans rien consolider. Certes, si la mission du droit était de réaliser le vrai en soi, le résultat serait désolant. A lui attribuer pareille mission, il faudrait avouer qu'il est voué à l'erreur perpétuelle. Chaque siècle, en transformant le droit, porterait la condamnation du siècle précédent, qui croyait que son droit consacrait le vrai, et serait à son tour condamné par le siècle suivant. La vérité serait toujours de quelques pas en avance sur le droit, et celui-ci ne pourrait jamais l'atteindre, tel un enfant poursuivant un papillon qui s'envole à son approche.

La science aussi est une éternelle chercheuse. Mais elle ne se borne pas à chercher, elle trouve, et ce qu'elle a trouvé lui reste acquis pour l'éternité. Sa recherche est libre. Dans son domaine, à la différence de celui du droit, nulle puissance n'a le pouvoir de revêtir l'erreur de l'autorité de la vérité. Les décrets de la science peuvent être combattus, ceux du droit ont une valeur positive : celui-là même qui a découvert leur erreur doit s'y soumettre.

Élever ce grief contre le droit, c'est lui appliquer une mesure, celle de la vérité, à laquelle il échappe. La vérité

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