‹ L'évolution du droitChapitre 45 sur 233 · LE COMMERCE JURIDIQUE. — DÉFIXITIOX · texte numérisé non relu

LE COMMERCE JURIDIQUE. — DÉFIXITIOX

tantversles plus élevés, et il est donc nécessaire deprocéder tout d'abord par l'examen du salaire.

52 Le commerce juridique. — Définition — Le commerce juridique est l'organisation de la satisfaction assurée, par le moyen du salaire, à tous les besoins humains. Cette définition renferme trois éléments : le besoiti comme înotif, le salaire comme moijoi, l'organisation de leur rapport réciproque comme forme des relations. Cette organisation, à un degré plus puissant peut-être que dans nimporte quel autre domaine du monde humain, est le produit naturel de la libre évolution de la iinalité. C'est la dialectique, et non la logique de la notion, à laquelle je ne crois point, c'est la force pratique du but qui, de ces deux facteurs : le besoin et le salaire, a fait naître graduellement l'iniinie variété des aspects que présentent les relations. Pour le penseur qui considère le côté pratique des choses, il n'est point de tâche plus féconde que de suivre ici la marche du but, de le contempler dans sa recherche de la voie à suivre et d'observer comment le germe le plus élémentaire a fait éclore insensiblement, mais avec une impérieuse nécessité, des formes et des organismes de plus en plus élevés. Je veux montrer cette dialectique du but, en cherchant dans tous les phénomènes que nous offrent les relations, les points où, comme les rameaux et les branches' d'un arbre, ils partent du tronc, depuis le bas jusqu'à la cime, et en exposant en même temps les causes irrésistibles qui ont produit ces mouvements isolés. Le côté économique de la question reste étranger à mon étude. Celle-ci est exclusivement de nature sociale. Je ne m'occupe que des dispositions sur lesquelles repose, pour la société, la garantie de la satisfaction des besoins humains, sans examiner les lois qui règlent le mouvement des relations. Le côté juridique de la question est inséparable de cette étude.

La garantie de la satisfaction des besoins humains, tel

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sera le point de vue décisif que j'aurai toujours en vue. C'est la mesure à laquelle je ramènerai tous les phénomènes des relations. C'est par le besoin que la nature agit sur les hommes en société. Par lui, elle réalise les deux lois fondamentales de toute moralité et de toute civilisation : chacujci existe pour le monde, et le monde existe pour chacun. Dépendant des autres hommes par ses besoins, et cette dépendance croissant k mesure que ses besoins augmentent, l'homme serait l'être le plus misérable de la création, si la satisfaction de ses besoins dépendait du hasard, et s'il ne pouvait, au contraire, compter avec certitude sur l'aide et le concours d^ ses semblables. Il aurait lieu d'envier le sort de l'animal, car la nature a organisé celui-ci de telle sorte que lorsqu'elle lui a donné toute sa vigueur, il peut se passer de pareille assistance. La réalisation pratique d^e ce rapport réciproque de destination des hominps, l'exclusion, di; hasard, la garantie de la satisfaction des besoins humains, comme forme fondamentale de l'existen.ce sociale, l'organisation réglée de cette satisfaction s'épanouissant à miesure que les besoins s'accroissent — ce sont là les relations de ia, vie en société.

Cour l'homme, comme pour l'animal, le mod.e Ip plus simple de donner satisfactipn à ses besoins, c'est de recourir à ses propres forces. Mais chez l'animal les besoins existent en proportion des forces; il n'en est pas de même chez l'homme. Et c'est précisément cette disproportion, cette impuissance, que la nature emploie comme n^oyen pour le contraindre à être homme, c'est-à-dire à rechercher l'homme et à atteindre en communauté avec d'autres les buts qu'il ne lui est pas possible d'atteindre seul. Par ses besoins, la nature l'a rendu solidaire du monde et de son semblable. yoyons comment il se sert d'eux pour donner satisfaction à ses besoins.

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