FORME SUPÉRIEURE DE L'ÉCHANGE
la satisfaction des besoins humains. Cette définition reste-telle exacte lorsqu'il s'agit de l'argent? Satisfait-il aux besoins de celui qui accomplit une prestation en vue de l'obtenir ! Actuellement, non; mais virtuellement, oui. L'argent que paie l'acheteur permet au vendeur de fournir à ses besoins; il n'a qu'à chercher celui qui est en mesure d'en payer. L'argent lui donne à cet égard une latitude illimitée (quant au temps, au lieu, aux personnes, à l'étendue). L'argent donc, ne contente pas immédiatement les besoins, mais il donne la certitude absolue, acceptée par tout le monde, de pouvoir y satisfaire ultérieurement. Le contrat d'échange, dans le sens étroit du mot, se distingue du contrat de vente, en ce que les besoins respectifs y reçoivent satisfaction au moyen d'un seul et même acte, tandis que dans le contrat de vente, il faut plusieurs actes pour que cette satisfaction soit complète. Dans la vente, l'acheteur seul, et non le vendeur, obtient immédiatement ce qu'il lui faut.
68. Forme supérieure de rechange : diversité des fonctions. — A cette image du contrat bilatéral, reposant comme nous l'avons vu sur Végaliîé des fondions, s'oppose donc un autre aspect, reposant sur la diversité des fonctions : Tune des prestations procure une satisfaction immédiate, l'autre ne la procure qu'en puissance; en d'autres termes, il y a d'une part des prestations réelles ou individuelles et de l'autre une prestation idéale ou abstraite : l'argent. Nous obtenons ainsi le tableau suivant, déjà tracé plus haut (p. G9), et qui comprend tous les contrats possibles du commerce d'échange dans le sens large :