II. — DE LA POLYANDRIE EN GÉNÉRAL
J'ai cité ou résumé à peu près tous les renseignements qui nous sont parvenus sur la polyandrie ancienne et moderne. II en résulte qu'en aucune manière on n'est autorisé à considérer cette forme d'union conjugale comme ayant été générale. Pourtant elle a pu devenir nécessaire dans un bon nombre de sociétés grossières ; elle a pu môme s'imposer, spécialement dans des contrées mal pourvues où la lutte pour vivre était rude, où les conflits guerriers avec les tribus voisines étaient incessants et où, pour durer, la communauté devait diminuer les impedimenta et les bouches inutiles. Dans de pareilles conditions, des hommes, encore sauvages ou barbares, recourent sans hésitation et par toute la terre à l'infanticide des filles et, comme, d'autre part, les chefs, les puissants, accaparent autant de femmes que possible, la