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drl)au«-li«î (les IVinincs non niarircs cl 1rs nn''nîij'«'s polyandriqucs deviennent des palliatifs nécessaires.
Nous avons vu qu'il y a deux genres principaux de polyandrie : la polyandrie matriarcale et la polyandrie patriarcale. Dans la première, la femme ou la fille ne quitte pas sa famille ou sa gens; parfois même on lui laisse le droit de choisir ses maris, qui ne sont point [wrents entre eux, <'l dont la femme dépend à peine, puisqu'elle reste avec les siens et enfante pour eux.
Au contraire, dans la polyandrie patriarcale, la femme, capturée ou achetée, est en quelque sorte déracinée; elle quitte ses protecteurs naturels pour aller habiter avec ses époux, auxquels elle appartient, qui sont en nombre limité, presque toujours frères ou parents, et à qui «»lle ne iK'Ul T'tre infidèle sans autorisation.
L'une et l'autre forme de maria}j;(» polyandriquc» supposent une absence parfaite de pudeur, de réserve sexuelle, do délicatesse morale. Mais nous savons qu(» ces qualités iir peuvent être que les fruits d'une longue l'ulture. Sous cv rapport, polyandrie matriarcale et polyandrie patriarcale sr valent. Mais il importe de remarquer que la première asservit beaucoup moins la femme. En revanche, la seconde permet déjà d'établir une sorte de filiation paternelle, puisque les maris sont d'ordinaire de même sang. Pour ce motif, elle est réputée supérieure.
Kn effet la polyandrie matriarcale coïncide toujours avec la forme familiale primitive, avec le matriarcat, c'est-à-dire avec un système* qui ne tient nul couipte de la filiation jwternelle et laisse les ejifants à la tribu de la mère.
Au contraire la polyandiie patriarcale ébauche déjà une sorte de famille paternelle, iwov droit d'aînesse attribué au fils premier-né.
Nous aurons à étudier en détail le patriarcat et le ma-
DE LA IHJLYANDKlt. J(IU
ri;irrat. Li j)olyari(lno, m(^nie dans sa rornio irpiité*; la plus eleviM», la forme thibéUiirn», no constitue d'ailleurs qu'un lalriareat des plus imparfaits, puiscjuMl y a encore confuion des pères.
Il s'en faut qu'on doive considérer la polyandrie matriar- •ale comme ayant toujours précédé l'autre.
Cela semble vrai seulement pour l'Arabieancienne. Partout lilleurs on ne peut que le supposer. On se tromperait éj^^aleuent, si l'on admettait aprtorîque la polyandrie patiiareale mplique un degré de civilisation supérieure à celle des pays i polyandrie matriarcale. Les anciens Arabes, dont nous )arle Strabon, pratiquaient la polyandrie fraternelle, et loiirlant nous savons qu'ils étaient à peine civilisés, canni- Miles et tellement féroces que leurs femmes les accompagnaient dans les combats pour achever et mutiler les ennenis blessés. On voyait ces furii^s se faire des colliers et des mneaux de jambes avec des nez et des oreilles et mémo nanger le foie d'un ennemi mort \
Au total, la polyandrie est une forme conjugale, excepionnelle, aussi rare que la polygamie est commune. 11 la aut ranger à côté des mariages a l'essai, des mariages tem- K)raires. Avec nos idées européennes sur la fidélité conjugale, obligatoire de par le droit de propriété, nous avons icine à concevoir même la possibilité de cette absence paràîte de jalousie, de cette placidité des maris copartageants. 7estde la grossièreté sans aucun doute. Mais comment quaifier notre morale et nos lois, qui donncMit au mari trompé Iroit de vie et de mort sur sa compagne inlidèle et, sous ce "apport, nous ravalent au niveau des sauvages? Lès mœurs grossières valent-elles moins que les mœurs féroces? On peut, c crois, conclure que les unes et les autres sont animales. ^