‹ L'évolution du mariage et de la familleChapitre 107 sur 406 · I)L IIAPT · texte numérisé non relu

I)L IIAPT

A vrai dire, le niariayc par capture, dont nous avons maintenant à nous occuper, n'est pas une forme de mariage; ce n'est qu'une manière de se procurer une ou plusieurs femmes, (juel que soit du reste le régime matrimonial en usage. Si pourtant l'on ne peut se dispenser d'étudier spécialement le mariage par capture, c'est qu'on lui a fait jouer en sociologie un rôle capital. Stolon quelques auteurs, ij aurait été universel, nécessaire, et aurait, partout et toujours, précédé l'exogamie.

LE MAHIAGE PAU CAPTl'UK. 111

A coup sur, cette théorie, trop générale, est contestable ; mais ce qui est hors de doute, c'est que le rapt des femmes a été largement pratiqué par toute la terre, que très souvent il a été considéré comme glorieux et que, dans bien des pays, il s'est atténué en mariage pacifique.

Rien de plus naturel et de plus simple que le rapt chez des tribus sauvages ou barbares, estimant la violence, en usant largement et qui, nous l'avons vu précédemment, sont presque toujours coutumièros de l'infanticide féminin. Mais l'usage, si répandu, du rapt a-t-il en sociologie théorique la grande importance qu'on a voulu lui attribuer? C'est une question à laquelle nous pourrons répondre seulement après avoir consulté les faits.

Dans toute la Mélanésie, renlèvement a été le moyen primitif de se procurer desfemmes ou plutôtdes esclaves a tout faire, absolument à la discrétion du ravisseur. Le révérend Bonwick nous dit bien qu'en Tasmanie et par suite en Australie l'enlèvement n'était le plus souvent que simulé et résultait d'un accord préalable entre la femme et l'homme *, mais la manière sauvage dont s'efl'ectuait le rapt prouve surabondamment que l'accord amiable était exceptionnel. L'Australien, qui désire enlever une femme appartenant à une autre tribu, rôde traîtreusement autour du campement. Vient-il à découvrir une femme sans protecteur, il se jette sur elle, l'étourdit d'un coup de massue (douak), la saisit [Kir son épaisse chevelure, la trame ainsi dans le bois voisin, pui», quand elle a repris ses sens, il l'oblige a le suivre au milieu di.'îs siens et h\ il la viole en leur présence, car elle est de\'enue sa propriété, son animal domestique*. La femme enlevée se résigne ordinairement sans difficulté ; en

Page 1