‹ L'évolution du mariage et de la familleChapitre 112 sur 406 · ûi., p.4(M · texte numérisé non relu

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elles étaient dans les mœurs des Arabes priintifs *, ou plutôt de tous les Sémites encore sauvages ou barbares.

Le rapt ^merrier a d'ailleurs été largement pratiqué dans toutes les races et par toute la terre. Un vieux poème irlandais, le Duan Eiranashy parle de trois cents femmes enlevées par les Pietés aux Gaëls, qui, se trouvant ainsi et d'un seul coup dépourvus de femmes, s'allièrent alors aux Irlandais.

Je me bornerai à ces exemples glanés un peu partout, el qu'il serait si facile de multiplier. Ils suffisent amplement à établir que, dans les sociétés primitives, lafemme,é1ant tenue en fort médiocre estime, est absolument ravalée au niveau des objets mobiliers et des animaux domestiques ; qu'elle représente un butincomme un autre; qu'on en peut user et abuser sans crainte. Mais, dans ces pratiques bestiales, il n'y a rien (jui ressemble, même d(î loin, au mariage, etl'on n'est nullement fondé à appeler ces rapts brutaux des mariages. Munie dans les pays où il existe un vrai mariage, les mœurs et les lois tolèrent longtemps l'introduction dans la maison du mari d'esclaves capturées et traitées par le maître en concubines à côté de l'épouse ou des épouses légitimes. Les héros d'Homère prolitent encore largement de cette tolérance légale et, quand la Glytemnestre d'Eschyle se justifie d'avoir tué son mari, elle allègue, entre autres circonstances atténuantes, l'intime commerce d'Agamemnon avec son esclave Cassandre.

A vrai dire, dans tout cela le mariage n'a rien à voir. Xous verrons d'ailleurs (pie, dans bien des contrées, le concubinat, légal et patent, a coexisté ou coexiste à côté du mariage sans se confondre avec lui. Il importe de réserver le nom de mariage par capture au mariage légal et pacifique, dans le cérémonial du(juel figurent des pratiques rappelant ou simulant par survivance le rapt primitif de la femme.

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