H. SmilU^ Kinshipy otc
Pourtant ce rapt symbolique ne signifie pas toujours que rcnlèvement de la femme a précédé la pacifique union conjugale. Il représente surtout une survivance mentale, la tradition d'une époque plus ou moins lointaine ou la violence était tenue en haute estime et où il était glorieux de se procurer h main armée des esclaves h tout faire. Dans les pays où existe le cérémonial de la capture, le beau temps du rapt est d'ordinaire quelque peu passé, mais l'esprit en est toujours hanté et, même en se mariant pacifiquement, après contrat ou marché débattus, on aime à symboliser dans le cérémonial du mariage les enlèvements d'antan, qu'on ne peut plus ou qu'on n'ose plus commettre. Ces pratiques ont aussi une autre portée : elles signifient que la nouvelle épousée, alors presque toujours achetée aux parents, doit être entièrement subordonnée au maître qu'on lui a donné, et occuper dans la maison conjugale une place des plus humbles.
Pour toutes ces raisons, le cérémonial symbolique de la capture a été ou est encore usité chez nombre de peuples, lors de la célébration des mariages. On le retrouve un peu par toute la terre. Chez les Esquimaux du cap York, les m^ariages sont arrangés à l'amiable par les parents des futurs époux et, dès l'enfance de ces derniers, néanmoins la cérémonie conjugale doit simuler un enlèvement. Il faut que la future épousée fuie, se défende des pieds et des mains, crie à tue-tète jusqu'à ce que son nouveau maître ait réussi a la transporter dans sa hutte, où elle s'installe aussitôt joyeusement'.