I. A|)iili'<;, Ane (for, IV
î. 1^1 11 Uni 110, Romulus. — Ovido, Fasie^t^ t.
J. Liicaii.» U. — Virgile, Enéide, IV.
i. Louis MosiT, The Caucasus and ils Peuple, p. \\\ .
j. Wîlk(^ Evolution of Moralilijy t. l-s p. tt^l.
deux OU trois cents chevaux, galopait à sa poursuite. Finalement on rejoignait la fugitive et tout se terminait par un festin et des réjouissances communes ^
En Livonie, chaque mariage était aussi l'occasion d'un combat de cavalerie simulé, comme chez les Gallois, mais il se livrait avant le mariage*. De même en Pologne, en Lithuanie, en Russie, Tenlèvement de la fille précédait souvent le mariage.
J'arrêterai ici Ténumération de ces coutumes qui, toutes, sont manifestement symboliques de Tenlèveinent. On m retrouve encore la trace dans certains districts de notre Bretagne contemporaine, où le représentant du marié, le bazvalan et les parents de la promise chantent, en alternant, des poésies de circonstance, dans lesquelles l'un demande et les autres refusent la fiancée, en offrant à sa place soit une jeune so^ur, soit la mère, soit la grand'mèrc*. — Notre enquête est terminée; il nous reste maintenant à nous demander quel est le sens de ce cérémonial si répandu dans tous les temps et tous les pays.
m. — SIGNIFICATION DU CÊKKMONIAL DE LA CAPTURE
L'auteur d'un intéressant ouvrage sur h mariage primitif, M. Mac Lennan, et, à sa suite, un gi*and nombre de sociologistes, ont admis que, dans les sociétés sauvages, les unions, les associations sexuelles se sont faites le plus souvent par l'enlèvement violent de la femme, puis que \ysi\ à peu ces rapts sont devenus amiables et (|u'il en est résulté une exogamie pacifique, retenant de l'ancienne coutume
I. Lord Kaines, Sketcheit oflhe Hhtory of MaUy liv. I*, scct. 6, t. llistoria de geniihux sepienirionalibus (1555), lib. XIV, cap. ii. 3. La Viliciiiurqur, Banas Breis,
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eulemenl le cérémonial. Que les choses aient pu se passer linsi dans un certain nombre de contrées, cela est vraisemdable; mais il faut se garder de voir là une évolution générale et nécessaire.
Sûrement les hordes, les tribus sauvages enlèvent voloniers les femmes et les filles de leurs voisins et ennemis, des ;)etit groupes avec lesquels elles luttent sans cesse pour Texistence. Elles leur ravissent leurs femmes, comme toute lutre chose, et imposent aux captives le rôle, peu enviable, d'esclaves à tout faire. Etant donnée la brutiilitéde Thomme primitif, le sort de la femme capturée est nécessairement des plus durs, et il est naturel que les femmes de la tribu ne le briguent point. Ainsi, avec ou sans motif, l'Australien assomme sa femme capturée, lui perce les membres de son javelot, etc. Une étrangère, une prisonnière, violemment amenée dans une sociéWS où elle ne peut compter sur aucun appui, sera évidemment plus résignée à ces mauvais traitements et, presque toujours, on pourra les lui faire subir impunément. Mais on n'a pas pour cela un parti pris d'exogamie. Xous avons vu que TAustralicn, coutumier du rapt primitif dans toute sa bruUlité, ne s'y décide qu'à son corps défendant, seulement dans le cas où il ne peut se procurer par simple troc la femme convoitée.
Enlever une femme est certainement fort tentant. On évite ainsi de Tacheter aux parents, ce qui est de règle à j)cu près partout en pays sauvage ou barbare, mais l'opération ne s'effectue pas sans risques et sans représailles plus ou moins dangereuses et, avant de l'entreprendre, on y regarde à deux fois.
Il faut bien se garder de confondre le rapt et le mariage; rien n'est plus distinct chez les sauvages et même chez les civilisés. Peut-être même les dangers, les inconvénients de l'enlèvement brutal ont-ils donné l'idée du marché conju-
li« L'ÉVOLUTIO-N bV MAUIAGE ET DE LA FAMILLE.
gai priinitir, d'une convention pacifique, aux termes de laquelle et moyennant compensation une fille était cédée à un homme par ses ayants droit. En principe, cette transaction commerciale laissait bien à l'acquéreur sur la marchandise féminine la plupart des droits dérivant de la capture violente; mais, en fait, ces droits étaient nécessairement mitigés, ciir la femme, ainsi cédée de gré à gré, n'ctail plus complèt(Mnent abandonnée des siens.
Ainsi, en Polynésie, du moins à la Nouvelle-Zélande, le mari meurtrier de sa femme, pourtant achetée, encourait le talion des parents, à moins qu'elle ne fût coupable d'adultère*. Il en était souvent ainsi, mais non toujours cependant. Ainsi chez les Vitiens, en livrant la fille à son acquéreur, le père ou le frère disaient au futur époux : c Si vous en étiez mécontent, vendez-la, tuez-la, mangez-la; vous en êtes le maître absolu '. > Bien plus près de nous, dans l'ancienne Russie, le père, au moment du mariajre, donnait quelques coups de fouet à sa lille, en lui disant : €Si tu n'obéis pas désormais, tu seras châtiée par ton
mari^ »
De telles mœurs nous disent assez clairement pourquoi, dans tant de pays, on a lenu à introduire dans les cérémonies du mariage des pratiques symboliques rappebml lo rapt violent. Tout d'abord, en raison même des dangers auxquels il exposait le ravisseur, le rapt fut considéré comme une action d'éclat et l'on trouvait du plaisir à le simuler. Mais en outre et surtout le cérémonial de la captuiv symbolisait aussi la sujétion de la femme achetée ou cédée parles parents; il sanctionnait les droits, presque toujours excessifs, que l'époux acquérait sur l'épousée. Généralement