Id., Ibid y t. l", p
124 i/èvoli:tion ni: mariage et de la famille.
pour indiquer que la femmo èUxii des lors possédée el ne devait plus songer à quitter la demeure du maître. Mais c'est surtout h Sparte que, dans l'antiquité grecque, fut usitée la cérémonie nuptiale de la capture*. Un passage, souvent cité, de la Vie de Lycurgue par Plutarque, nous renseigne .-wec détails sur ce point : c II falloit que ceulx qui se vouloient marier, ravissent celles qu'ilz vouloienl espouser, non point de petites garses, qui ne fussent pas encores en a.ige de marier, ains grandes filles, vigoureuses, et jà meures pour porter enfans : et, quand il y en avoit une ravie, celle qui avoit moyenne le mariage venoit, qui luy rasoit ses cheveux jusques au cuir, puis la vestoit d'un habillement d'homme avec la chaussure de mesme et la couchoit dessus une paillasse toute seule, sans chandelle. Cela fait, le nouveau marié, n'estant ny yvre, ny plus délicatement v(Mu que de coustume,ains ayant soupe comme t^ son ordinaire, s'en retournoit secrettement en la maison : \h où il délioit la ceinture à son espousée, et la prenant entre ses bras la couchoit sur un lict, et y demeuroit quelque temps avec elle, puis s'en retournoit tout doulcement au lieu où il avoit accoustumé de dormir avec les autres jeunes hommes : elde là en avant continuoit tousjours h faire de mesme, estant tout le long du jour et dormant la nuict .ivec ses compagnons excepté qu'il alloit aucune fois veoir sa femme i la desrobée, ayant crainte et honte d'estre apperceu par tiucun de la maison : à quoy la nouvelle mariée t'aidoit aussi de son costé, espiant les occasions et moyens, comment ilz se pourroient trouver ensemble sans qu'ils feussent apperceux,etc. *. »
A Rome, le cérémonial de la capture se conserva longtemps
1. Oémeunior, Esprit des di/fêretits peuples, t. I", p. 291». ±. Iliitarquo, trad. Amyot, Lycurgus, XXVÎÎÎ.
LE MARIAGE i>AU CAI>TURë. 125
is les inariag«»s plébéiens, sans confarréation ou cocmpn. Comme en tant d'autres pays, on jouait la comédie renlèvement de la liancée par le liancé avec résistance lulée de la mère et des parentes*. Dans les niariajfes plus pcctables, le cérémonial de la capture était simplifié, lis très significatif encore. Les cheveux de la mariée tient séparés avec la pointe d'un javelot (hasta celibaris)^^ pour cette cérémonie symbolique, on préférait une eline ayant percé le corps d'un gladiateur. Puis la mariée, aduitc à la maison du mari, devait y entrer sans toucher seuil ; on le lui faisait franchir, en la soulevant^. Il est rieux de retrouver, aujourd'hui encore, cette même utume en Chine et diflicile de n'y point reconnaître le mbolisme schématique du rapt.
Un cérémonial analogue est toujours en usage en Circassie. i milieu d'une fête, le liancé, escorté de S(îs amis, fait "uption et enlevé sa liancée, qui dès lorsdevient sa femme K En outre, le nouveau marié circassien nci doit, comme à larle, visiter la nouvelle épousée qu'à la dérobée et cela ndant un an, terme évidemment calculé, comme il l'était Sparte, d'après la durée d'une grossesse probables H n'y a pas encore bien longtemps, un cérémonial du 5me g(mre s'observait tout près de nous, dans le pays le illes. Au jour fixé, la fiancée et ses amis, tous à cheval, naient prendre le fiancé; mais ils se trouvaient en préncc des amis de la jeune fille, aussi à cheval, et il en sultait un simulacre de combat, pendant lequel la future louse s'enfuyait en croupe derrière son plus proche rent. Mais aussitôt l'escadron du fiancé, comptimt parfois