‹ L'évolution du mariage et de la familleChapitre 123 sur 406 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

I. Itu pouvoir des parents. — L'hypothi-so du matriarcat primitif. — La filiation maternelle et le sort de la feinmo. — Droit de propri«Ué des parents sur les enfants. -- Ventes eonjnj?ales des petites filles, en Afrique, en Polynésie, en Aniéri(|ne, dans l'Inde.

II. Du mariage par servitude. — Le travail, valeur d'échange. — Mariage par ser\ilnde rhez les Peaux-Rnuges, dans l'Amérique centrale, dans l'Inde, fhei les Hébreux . — Influence du mariage par servitude sur le sort de la femme.

III. Mariage par achat. — Chez les Hottentots et les CalVes, dans l'Afrique moyenne, en Polynésie, en Amérique, chez les Mongols, en Chine, ch« le* aborigènes de l'Inde, rhez les Berbères, chet les Indous, on Malaisie, dam l'antiquité gréco -romaine. — Le mariage dotal. — Signil\cation morale da mariage par achat.

[. — DU POUVOIIl DES PAHENTS

!>' iiiariîi^v |)ar «aptun*, cVst-à-dire la coutume du rapt, suppose iKM'cssaircincnt un profond dédain pour la femme ravie, pour les aiitipathi(»s ou sympathies qu'elle peut ressentir. C/est qu'en effet, aussi loin que puissent reraonler nos investigations historiques et ethnographiques, nous voyons (ju'à de très rares exceptions près, dans toutes les sociAés humaines, la sujétion de la femme a été la règle et quec^t« sujétion a été d'autant plus dure que la civilisation était

LE MARIAGE PAR ACHAT ET PAR SERVITl'DE. 131

liioiiis avaiicre. Quelques sociologisles ont prétendu que la filiation maternelle impliquait, pour la femme, une sorte d'âge d'or, de règne des Amazones, pendant la durée duquel la femme, centre de la famille, en aurait été le chef honoré. L'ethnographie tout entière dément cette hypothèse. Aujourd'hui le matriarcat complet n'existe nulle part, mais la parenté maternelle est commune et nous ne voyons pas qu'elle entraîne pour la femme un sort bien doux. Ce système de filiation indique nécessairement une société grossière où la paternité est encore indécise. Or il est de règle que la femme soit d'autant plus méprisée qu(î l'homme est moins développé. Dans les sociétés primitives, où il n'y a d'autre droit qu«? celui de la force, la femme, en raison de sa faiblesse relative, est toujours traitée avec une extrême brutalité. 11 est malaisé, sans perdre la (jualité d'homme, d'èti'e moins intelligent que l'Australien, et diflicile également d'imaginer une servitude plus cruelle que celle de la femme australienne, toujours battue, souvent blessé»e, parfois tuée et mangée, quand cela convient à son propriétiiire. Les Vitiens, notablement plus intelligents que les Australiens, se faisaient un jeu débattre leur mère, d'attacher leurs femmes aux arbres pour les fouetter*. Un Vitien, nommé Loti, uniquement pour sortir du commun, pour acquérir quelque notoriété, dévora sa femme, après l'avoir fait cuire sur un feu, que, sur son ordre, elle avîiit dû alluuKîr elle-même ^ La moi*aledu pays ne condamnait en rien ce caprice féroce. Mais de telles mœurs sont aussi peu conciliables que possible avec Tillusion d'une société matriarcale, dans laijuclle une place d'honneur aurait été accordée à la femme.

Dans les sociétés primitives, le sort des enfants est, si possible, plus subordonné encore que celui de la femnn». L'in-

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