ET EN AMÉRIQUE
Nous avons vu que dttns le règne aniiiial les espèces sont tantôt monogames, tantôt polygames, mais qu'en génémi la vie grégaire, la vie en société, favorise la polygamie. Or, l'homme est sûrement le plus sociable des animau.x, aussi
esl-il très enclin a la polygamie, comme les grands singes anthropomorphes, avec lesquels nos ancêtres primitifs onl dû avoir plus d'une analogie. — lia été parlé précédemment des causes qui, dans les sociétés humaines des premiers Ages, ftiussent le rapport normal des sexes, Téquilibre approximatif entre le nombre des hommes et celui des femmes. On a vu comment la vie sauvage ou barbare use et consomme rapidement les hommes, à ce point que souvent, malgré la coutume de l'infanticide des filles, il se produit encore un excédent de femmes suffisant pour imposer la polygamie. San§ que la morale primitive songe le moins du monde à blâmer la pluralité des femmes, il arrive pourtant que cette polygynic, à laquelle aspirent tous' les hommes on pays sauvage, se restreint spontanément et, comme chez les chimpanzés et pour les mêmes raisons, devient en fait le privilège d'un petit nombre, des plus forts, des plus redoutés, des chefs, des sorciers ou des prêtres, quand il y en a.
En Australie, par exemple, les hommes mûrs accaparent les femmes de tout âge et il en résulte que la plupart de.^ jeunes gens ne peuvent devenir propriétaires d'une femme avant l'âge de trente ans environ *. Le célibat forcé est du reste adouci par la complaisance des hommes déjà pourvus, des maris, si l'on peut leur donner ce nom, qui sont bons princes et bien plus jaloux de leur droit de propriété que de leurs droits conjugaux. Avec eux, il est aisé de s'entendre, el moyennant un présent convenable, ils prêtent volontiers leurs femmes. — A la Nouvelle-Calédonie, les chefs et les riches, seuls, peuvent se donner le luxe de la polygamie et, dans cet archipel, la pluralité des femmes a déjà le caractêiT qu'elle revêt presque toujours en pays primitif. Si le Néo- Calédonien désire ardemment avoir plusieurs femmes, ce