Ibid
1 a existé une période gynécocratique, un âge d'or où les emmes régnaient en maîtresses et dont les mythiques Amaones auraient été une survivance. Les renseignements, inomplets d'ailleurs, que nous possédons sur le sort et le Ole de la femme en Egypte, ne me semblent pas du tout tvoir la portée qu'on leur prête.
Dans les sociétés barbares el même dans les sociétés civiisées, il y a trois grands moyens d'irilluence : la religion, a puissance militaire et celle de l'argent. Dans l'ancienne Egypte, Diodore nous l'apprend, la femme était jugée inligne du sacerdoce, donc inférieure au point de vue religieux. Or, elle ne possédait pas davantage la puissance juerrière. Xi les monuments, ni les écrits, ni les traditions le font mention de gueirières, analogues soit aux Amazones le la Fable, soit à celles du roi de Dahomey. Reste l'inluence de l'argent, influence énorme, à coup sûr, dans outes les sociétés où la monnaie ou bien ce qui en tient ieu peut s'accumuler dans les mains de certains individus m détriment des autres. Or, tout montre que, si dans l'ancienne Egypte des femmes, en plus ou moins grand nombre, mt pu jouir d'une grande indépendance et même eu abuser pour asservir leurs maris, elles y parvenaient simplement par l'argent.
Évidemment l'organisation de la propriété et les lois de succession, en Egypte, permettaient aux femmes d'être plus DU moins riches ou de le devenir, par suite de dominer des maris moins favorisés sous ce rapport. Nous verrons bientôt que, dans la Grèce et la Rome antiques, les mêmes causes produisirent des effets semblables. Est-il même bien nécesmre d'aller dans le monde ancien chercher des exemples l'émancipation féminine, même d'émancipation fort insolente, uniquement basée sur la dot ou la fortune? Nous aussi, nous avons à foison des amazones ploutocratiques. Mais ces
faits ne sont pas incompatibles avec la sujétion légale de la femme. S'ils semblent avoir été très communs dans Fantiquité égyptienne, c'est que la législation se désintéressait des mariages, c'est aussi que les actes démotiqùes ne mentionnent gyère, et cela est naturel, que les contrats des classes supérieures ou moyennes, des classes possédantes, c'est-à-dire de la minorité.
La gynécocratie était si peu inscrite dans les lois et les mœurs égyptiennes, qu'il suffît d'un simple décret royal, ôtant aux femmes la libre disposition de leurs biens, pour les rejeter au rang subordonné, qu'elles ont occupé jusqu'ici dans toutes les sociétés humaines, mais que peut-être elles n'occuperont pas toujours.
Néanmoins le fait que, dans une société rigide comme la société égyptienne, une minorité de femmes ait pu légalement se prévaloir d'une grande indépendance, est à noter; il constitue une remarquable exception et il faut peut-être le rapporter à l'influence des races berbères, qui, d'après les traditions égyptiennes elles-mêmes, ont jou# un rôle prédominant dans la fondation de la primitive Egypte-