‹ L'évolution du mariage et de la familleChapitre 193 sur 406 · IV. — LA MONOGAMIE DES TOUAREG ET DES ABYSSINS · texte numérisé non relu

IV. — LA MONOGAMIE DES TOUAREG ET DES ABYSSINS

Nous avons vu précédemment que nos Kabyles contemporains, quoique Berbères d'origine, font peser sur leurs femmes un joug des plus durs; mais on peut admettre qu'ili^ ont été, sous ce rapport, gâtés par leurs nombreux conqi»*^' rants. Une certaine émancipation de la femme semble être un trait caractéristique des sociétés berbères. Aujourd'hui encore, chez les Touareg du Sahara, qui, mieux que \^^ Kabyles, ont conservé leur indépendance et la pureté de Ip"'' race, la femme, la femme riche, la dame, jouit d'une posiliofi

^iale analogue à celle des dames de TÉgypte ancienne. En dépit de la loi musulmane, la femme targuie impose 'homme, dans la pratique, la monogamie. Elle demandet immédiatement le divorce, si son mari essayait de lui nner une rivale.

Chez les Touareg, la filiation est encore maternelle, elle ifère le rang, c L'enfant suit le sang de sa mère : le fils m père esclave ou serf et d'une femme noble est noble. ]l'est le ventre qui teint l'enfant », disent-ils dans leur igage primitif* ». — « Maîtresse absolue de sa fortune, de i actes, de ses enfants qui lui appartiennent et qui portent (i nom, la dame targuie va où elle veut et exerce une véri- )le autorité". )> Rarement elle se marie avant vingt ans et e le fait a son gré, les pères n'intervenant jamais que pour évenir les mésalliances. Elle mange avec son mari, auquel e doit pourtant obéissance et qui peut la tuer en cas adultère. (Duveyvrier, 339-430).

Les femmes des Touareg savent lire et écrire en plus ande proportion que les hommes. Il est notoire d'ailleurs le l'enseignement rudimentaire de la lecture et de l'écriture t très largement répandue chez les* populations mahoménes de l'Afrique du Nord.

C'est aux dames targuies, dit Duveyrier, que l'on doit rtout la conservation de l'ancien lybien et de l'ancienne rilure berbère'.

Laissant les travaux domestiques à leurs esclaves, les dames rguies s'occupent de lecture, d'écriture, de musique, de oderie*; elles vivent en aristocrates intelligentes. € Les dames de la tribu des Ifôghas sont reconnues, dit

;. Duveyvrier. Touareg du Sordy 337.

S. Id., ibid.

\. Id, Jbid., p. 387.

i. Id., Ibid., p. 43U.

encore Duveyrier, pour leur savoir-vivre et leur talent i sical : mieux que toutes leurs rivales, elles savent mont méhari. Huchées dans leurs cages, elles soutiennent la coi des plus intrépides cavaliers, si on peut donner ce nom chevaucheurs de dromadaire; aussi pour conserver l'Iiî tude de ce |jenre d'équitation, se réunissent-eiles pourC de petits voyages, allant où bon leur semble, sans être compagnies d'aucun homme *. » — « La galanterie targ a conservé aux femmes de la tribu des Imânan, qui de^^ d'anciens sulUms, le titre de femmes royales {timanôluù à cause de leur beauté et de leur supériorité dans l'art i sical. Souvent elles donnent des soirées où les homi viennent de très loin et parés comme des mAles d'.iulruf Dans ces soirées, les femmes chantent en s'accompagn du tambour et d'une sorte de violon ou rebâza : elles s très recherchées en mariage, en raison du titre de ché qu'elles confèrent à leurs enfants '. »

Souvent, le soir, la femme, la dame targuie chante, improvisant et s'accompagnant sur la rebâza. Kst-elle mar nous dit toujours Duveyrier, elle est d'autant plus consid^ qu'elle a plus d'amis masculins, mais elle n'en doit préfi aucun. La dame peut broder sur le voile ou écrire suj bouclier de son chevalier des vers louangeurs, des souh; de bonheur. L'ami peut, sans qu'on en médise, graver les rochers le nom de sa dame ou chanter ses v(»rtus. * L'j et l'amie, disent les Touaregs, sont pour les yeux, poui cœur, et non pour le lit seulement, comme chez hîs Arabes

De telles mœurs accusent des instincts délicats, qui se blent absolument étrangers aux Arabes et aux KaByles. Ei rappellent fort notre époque méridionale des troubadoi

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