Turiier, Uiit. univ» des voij.^ l. XXXI, p
DE LA NONOGAMJE PlUMiTlVE. til
1 est curieux que, dans le Tliibel lamaïque, en pleine oeratie, dans ce pays où les prières et les pratiques du te se mêlent à la plupart des actes de la vie civile, le riage échappe à toute ingérence ecclésiastique. En effet prêtres ne s'en mêlent point, et toute la cérémonie matriniale, purement laïque, consiste en un simple engagement ituel, pris par les parties intéressées et devant témoins*. C'est sans doute à la bigoterie lamaïque elle-même, qu'il it attribuer cette anarchie laïque du mariage au Thibet. s Lamas fuient les femmes, tiennent le mariage pour une ose odieuse, et tous les grands fonctionnaires ainsi (jue aucoup de Thibétiiins des autres classes sont du même avis^ religion ne s'en occupe pas ; elle le dédaigne, comme elle faisait en Egypte, ce qui semblerait indiquer qu'un suffi- U degré de folie religieuse empêche les législateurs théoiliques de songei* aux institutions civiles. Mais, en fait de mariage, les lois civiles ou religieuses U toujours subordonnées aux nécessités résultant de l'état îial et de la proportion des sexes. Aussi, au Thibet, en pit de l'entière liberté laissée aux individus, le mariage du is grand nombre est monogamique, tout connue si la loi prescrivait^.
En Tartiirie, les Mongols nomades ont adopté, pour type itrinionial, la monogamie tempérée par le concubinat domicile. J'ai parlé précédemment de leurs « petites nraes ?» , de leur mariage par achat avec le cérémonial de capture. Je n'ai donc pas à y revenir. Je noterai seulement passant que leurs hlles ont aussi des mœurs fort déidées, que le mariage ne corrige pas toujours*. Au dire
* îurner, HisL UMV, des voy.y t. XXXI, p. i37, 151. ld.,/6id.,p. 135.
• Utiles édifianiesy t. XV, p. iUO.
ï^i'^icvîasky, MongoUa, t. !•% i>. 09. — Hue, Tarlarie. t. I-' p. 301.
de l'un des plus récents explorateurs de la Mongolie, la proportion des sexes serait, dans ce pays, inverse de ce qu'elle est en Europe. Les femmes seraient beaucoup moins nombreuses que les hommes. Là serait la raison principale du célibat des Lamas et de la monogamie réelle de la plupart des laïques n'appartenant pas à l'aristocratie*.
Le mariage chinois ressemble essentiellement au mariage mongol, mais avec un rituel mieux fixé et une légalisation plus uniforme. Il estaussi monogamique, avec le palliatif dii concubinat, des « petites femmes » dont j'ai déjà parlé*.— En outre, en Chine, la sujétion de la femme est extrême. Quand un Chinois n'a que des filles, il dit ne point avoir d'enfants\ La Chinoise est soumise, fille à ses parents, femme à son mari, veuve à ses lils*, spécialement à sonlils aîné (Pauthier, Chine moderne , p. 239). La jeune fille chinoise n'a pas mc'^me l'idée qu'on la puisse consulter sur le choix d'un mari \ Elle est achetée aux parents et une partie de la somme convenue se paye en signant le contrat ®. Comme en Mongolie, les arrangements matrimoniaux wsont souvei»i arrêtés, non seulement dès l'enfance des futurs, mais nièm*' avant leur naissance, dans l'hypothèse d'une différence de sexe ". Ces conventions sont faites par les pères et mères ou à leur défaut par les aïeux ou les plus proches parenU • Enfin, de droit, les femmes sont exclues de T héritage S^*' autant que possible sont tenues en réclusion, par conséquent