R. Cubain, Lois civile» de Rome, p
beau-père, qui, lui non plus, n'y vit aucun mal. Un Irat fut donc conclu entre Gaton, Hortensius et Philippe ; [artia, qu'on ne songea point à consulter, fut cédée à Horsius, puis ressaisie, à la mort de ce dernier, par Caton, î était alors héritière d' Hortensius, et Caton la reprit sans noindre scrupule avec son argent *.
^ur quiconque n'est point versé dans la sociologie ethnophique, ces mœurs sont invraisemblables. On a mémepar- 5 révoqué en doute cette histoire d'Hortensius et de Gaton îstée cependant par VAnii-Caton de J. Gésar, sur lequel ppuie Plutarque; mais elle n'a rien d'extraordinaire pour js. Nous n'ignorons pas que partout la femme a comncépar être l'absolue propriété de l'homme. La mantis du ri romain n'était en somme que la forme atténuée du raitif droit conjugal, lequel, nous le savons, comportait la ullé de prêter, Iroquer ou céder la femme sans la consul- . Le cas de Gaton n'est donc qu'une survivance des vieux
5i bref et nécessairement si incomplet que doive être le umé, que je puis donner ici, de la législation conjugale lome, il suffira, je l'espère, à donner une idée claire de qu'était le mariage romain. J'ajouterai encore que la loi, pirée par le vieil esprit patriotique et les préjugés de tes, limitait le droit de mariage, le jus connubii. Les tes noces furent d'abord un privilège aristocratique. Les béiens s'accouplèrent more fer antm. Puis le jtis connubi i t par exister entre Latin et Romain, Latin et Latine, même égrin et pérégrine. L'enfant suivait la condition de la re, ce qui semble bien être une survivance de l'ancienne lille maternelle. Un autre vestige du même genre se ive dans la situation légale faite aux spuriiy c'est-à-dire
PluUrciue, Caton d^Utique, XXXVI, LXVHI.
252 L'ÉVOLUTION hV MARIAGE ET DE LA FAMILLE.
aux enfants nés d'un mariage ou prohibé ou incestueux ou bigamique. Ces enfants, irrégulièrement conçus, ont une mère, mais point de père légal; ils ne tombent point sous la puissance paternelle du père, comme Tenfant issu de justes noces, et ne sont point légitimables «.
L'étude des transformations, que subit le mariage romain depuis Numa jusqu'aux empereurs, est des plus intéressantes; car nous y pouvons suivre loute une évolution, qui, dans aucun autre pays, n'a été aussi complète. C'est d'abord Tanarchie conjugale, l'union capricieuse, l'u^us, qui pouvait, qui devait être souvent polygamique, comme l'atteste la persistance ultérieure du concubinat ; puis le mariage par capture, dont la trace était restée dans le cérémonial du mariage; ensuite le mariage par achat, la coemption, avec sa conséquence ordinaire, la servitude de la femme, que le mariage solennel, la confarréation n'abolit même pas. A la fin, ce droit brutal des anciens âges se détend. On tourne la loi qui soumet la femme à la puissance paternelle (patria potestas) ; pour cela le père lui-même donne sa fille m mancipium à un tiers, qui ensuite l'affranchit. Parfois c'est la patria potestas, qui fait échec h la manus du mari; la femme, ^ mariant, sans être soumise à la manuSy reste soumise à son père, qui peut même se la faire rendre.
Mais l'institution de la dot, obligatoire, inaliénable par le mari, la faculté pour la femme de se marier en restant dans la famille paternelle, d'avoir ses biens paraphernaux, d'hériter de ceux de son père, de les régir, la grande facilité du divorce finirent par rendre la femme romaine, au moins la patricienne, à peu près indépendante. Sous l'empire, If mariage romain était, en fait, devenu une sorte d'union libre, où les considérations d'argent jouaient un rôle prédo-