Dcsmazc, Curiotités, etc
XÏI. — l'adultère dans le passé et dans l'avenir
Comme toutes nos enquêtes ethnograhiques, celle-ci, en nous faisant passer de la sauvagerie à la barbarie, de la barbarie à la civilisation, affirme la loi du progrès. Nous voyons l'adultère, tout d'abord puni comme un vol, mais un vol exécrable, châtié principalement sur la femme considérée comme une propriété en révolte. Pour elle seule, la fidélité est obligatoire. Quant au mari adultère, il est puni, s'il l'est, comme ayant abusé de la propriété d'autrui, mais non comme ayant manqué à la foi conjugale. Peu à p^u cependant l'équité acquiert certains droits, en même temps que les mœurs s'humanisent; le mariage devient de moins en moins, pour la femme, c un contrat de servitude > et, malgré le recul causé parle catholicisme, le progrès reprend son essor et l'on entrevoit le temps où le mariage étant institué sur des bases à la fois rationnelles et justes, l'adultère disparaîtra, ou à peu près, de nos mœurs et de nos lois.
Sûrement, ce temps est lointain. Notre conscience est tellement imprégnée encore de la moralité des vieux Ages, que notre opinion publique et nos jurés absolvent couramment le mari meurtrier de sa femme adultère, tout en étant pleins de clémence pour les écarts extra-conjugaux de ce farouche justicier. Les antiques mœurs, tenant la femme pour une propriété servile appartenant au mari, vivent toujours dans bien des têtes. Elles s'éteindront peu à pen. Le contrat matrimonial finira par être un contrat comme un autre, libremement accepté, librement maintenu, librement dissous; mais là où toute contrainte a disparu, la tromperie
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devient une indigne félonie. Telle sera l'opinion d'une future humanité, plus relevée moralement que la nôtre. Sans doute elle n'aura plus de douce indulgence pour l'adultère convenablement dissimulé, mais en revanche elle n'excusera plus le mari assassin.