M. Block, Europe politique etsociaUf p
U RÉPUDUTION ET L£ DIVORCE. 309
IIL — l'Évolution du divorce
Nos diverses enquêtes à propos du divorce nous ont conduit à des conclusions à peu près uniformes. Toutes nous montrent que, quelque dissemblables que soient les pays et les époques, Tunion de l'homme et de la femme débute, à de très rares exceptions près, par le complet asservissement de cette dernière, son assimilation aux animaux domestiques, sur lesquels on a tous les droits, à fortiori^ celui de l'expulser. Puis, à mesure que se déroule le cours des âges, on voit les sociétés, qui durent, se civiliser peu à peu et [parallèlement le sort de la femme s'améliorer. Tout d'abord on la pouvait tuer, quand elle déplaisait; puis, les cas d'adultère mis à part, on se contenta de la répudier; ensuite on atténua la rigueur de ce droit de répudiation d'abord sans limites; on le restreignit à de certains cas bien définis; on accorda même quelques droits à la femme répudiée ; enfin on lui reconnut à elle-même la faculté de demander le divorce, de se soustraire à certains traitements jugés intolérables. Enfin on revint, en le régularisant, au divorce par consentement mutuel, admis dans un bon nombre de sociétés primitives avant que des législations rigides, le plus souvent théocratiques, eussent cristallisé, en les [codifiant, quelques-unes des mœurs barbares. Le préjugé catholique lui-même, si absurde qu'il ait été à propos du mariage, dut s'humaniser avec le temps. Sans doule l'Église continua, en principe, à repousser le divorce, mais elle admit un bon nombre de cas de nullité de mariage, défaisant ainsi d'une main ce qu'elle essayait de construire de l'autre et, bon gré malgré, transigeant et pactisant avec a le siècle ».