IV. — RÉSUMÉ
Si nous résumons le sens général des falls que je viens d'énumércr, nous voyons que le sort fait à la veuve a varié avec le mode matrimonial en vigueur, avec le degré de civilisation, mais qu'il ne s'est pas toujours amélioré avec le progrès général. Pour l'homme veuf, les lois et coutumes ont toujours été fort clémentes. Il en a été tout autrement pour la femme, et sa situation a peut-être été meilleure, au point de vue qui nous occupe, dans certaines sociétés primitives, qu'elle ne l'est devenue plus tard. Ainsi, dans l'état confus des familles primitives, quand on vivait, soit dans une liberté de mœurs touchant à la promiscuité, soit en groupes mi-partie polyandriques ou polygamiques, à plus fort6 raison dans les pays polyandres, il n'y avait pas de veuvage réel, d'état de veuve pour la femme. La disparition de l'un des hommes avec lesquels elle vivait en relation intime ne changeait pas grand'chose à son sort. — En régime polygamique, les choses vont tout autrement; car alors les femmes sont devenues des propriétés privées. Leur maître les a presque toujours achetées, et leur sujétion est toujours fort grande. Aussi, à la mort de leur maître, sontelles traitées exactement comme des choses; elles suivent le sort des biens et passent entre les mains de l'héritier, qui les garde ou les vend. Parfois, cependant, on en sacrifie un plus ou moins grand nombre sur la tombe de l'époux décédé, qu'elles doivent continuer à servir et a aimer dans la vie future.
En régime monogamique, les sociétés sont d'ordinaire plus civilisées, et ce qui domine dans l'opinion, c'est le souci de la propriété, parfois celui de la perpétuation du nom. La
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Tr^oT^ Dr saurait h«?ril^r, car on ne peut morceler le jialriin->ior. Elle ri4 al«>r^ d'un bien grand embarras. Tantôt on loi p-ersuade en-rore de suÎTre dans Faulre monde Tépiux qui V} à [»T\y.rdr ; •.Vst la s«>lutioD la plu> radical*'. N.»u\»;qI on b remarie en *:n touchant le prix: parfois on pounoità son s*>rt par le lêTirat. Toujours on lui impose des devoirs plus ou moins lourds : très fréquemment on la maintient eo tutelle.
Des tra«."es de toutes ces iniquités ancestrales se consenenl en«^ore dans nos codes modernes* qui, tout en émaniipant â peu près la %eu%v. poussent le fanatisme de la consanguinité jusqu'à ne pas la considérer comme parente de >on mari, en ce qui concerne les biens. .\u point de vue social, toute cette re\iie des conditions faites aui veuves est peu flatteuse pour Thumanité. Enfin, au point de vue moral, la résignation, le plus souvent si facile, avec laquelle les hommes et les femmes supportent le veuvage, met, sous le rapport de la noblesse des sentiments, le genre humain bien au-dessous de certaines espèces animales, par exemple de la perruche Illinois iPsiUacus ///tNO»), pour qui veuvage et mort sont synonymes, aussi bien pour le mâle que pour la femelle. Sans doute on pourrait alléguer que, même dans les sociétés soi-disant fort civilisées, Ton se marie, le plus souvent, sans y être poussé par un sentiment bien vif; mais ce serait sûrement là une pauvre excuse.