‹ L'évolution du mariage et de la familleChapitre 327 sur 406 · Cliarlovoix, llist. de la Nouvelle-France, t. V, p · texte numérisé non relu

Cliarlovoix, llist. de la Nouvelle-France, t. V, p

3. Lalilau, Mteurs des sauvages américains, t. l", p. 69, etc. A. Id., Ibid.yi. II, p. 252, 268.

rellement sans consulter les intéressés. L'affiiire une fois arrêtée, des présents devaient être faits aux parents gentils de la fiancée. C'était à ces mêmes parents que revenait le soin, en cas de dissensions conjugales entre les époux, de tenter une réconciliation, d'empêcher le divorce *. Aujourd'hui encore, chez les Santi-Dakotas, si une femme est maltraitée par son mari, la belle-mère a le droit de reprendre sa fille; le pouvoir du mari fléchit devant le sien*. — L'institution de la filiation par les femmes, de la famille maternelle, entraîne-t-elle, comme on l'a prétendu, le matriarcat? L'Amérique du Nord étant par excellence le pays de l'exogamie et de la famille maternelle, les théoriciens du matriarcat primitif y ont souvent puisé des arguments, qu'il est intéressant de peser.

A l'époque où les Sénécas-lroquois occupaient encore leurs c longues maisons >, il semble que l'influence des femmes était grande dans la communauté. Le missionnaire Arthur Wright écrivait, en 1873 : t il était d'usage que les femmes gouvernassent la maison. Les provisions étaient en commun; mais malheur à l'infortuné mari ou amant trop maladroit pour rapporter de la chasse un butin suffisant. Quels que fussent le nombre des enfants ou la valeur des biens qu'il possédât dans la maison, on pouvait à tout moment lui ordonner d'enlever sa couverture et de déguerpir. » Alors, à moins d'une intervention de quelque tante ou grand'mère, il lui fallait obéir, retourner à son propre clan ou contracter alliance ailleurs. « Les femmes étaient le grand pouvoir dans les clans. Elles n'hésitaient pas, lorsque la circonstance le requérait, à faire « sauter les cornes > de la tête des chefs et à les faire rentrer dans le rang des simples

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