‹ L'évolution du mariage et de la familleChapitre 346 sur 406 · IV. — LA FAMILLE CHEZ LES MONGOLS ET LES TAMILS · texte numérisé non relu

IV. — LA FAMILLE CHEZ LES MONGOLS ET LES TAMILS

La famille des Polynésiens, plus spécialement des Havaiens, semble bien, comme le veut L. Morgan, avoir été le type familial primitif des Peaux-Rouges américains. Elle a pour base le mariage, à la fois polyandrique et polygynique, entre des groupes de sœurs et des groupes correspondants de frères, et il en résulte tout naturellement un système de parenté par classes, faisant bon marché de la consanguinité réelle.

Il semble bien que des systèmes do parenté analogues

1. M. Radiguet, Demien Sauvages^ p. 181. t. Mariner, Tonga islandSy t. II, p. 98. LETOURMEAU. — L'Évolutioii du Mariage. ii

aient été adopté jadis par la plupart des Mongols asiatiques. Du moins on le peut inférer de divers renseignements fragmentaires, mais significatifs, que nous fournissent les explorateurs. Chez les Yourak Samoïèdes, on ne peut épouser une femme de sa tribu (plutôt de son clan) *. Les Kalniouks du peuple ne se marient aussi qu'en se soumettant à des •restrictions du même genre ; les époux doivent être séparés au moins par trois ou quatre degrés de parente. Les grands, pour lestjuels en tout pays les lois sont toujours moins rigides, s'alïianchissent parfois de ces gênantes obligations, niais le populaire est très choque de leur laisser aller. (( Les grands et les chiens, dit-on, ne connaissent pas de parenté. » Néanmoins les fils des grands, qui souvent aussi épousent leurs belles-sœurs, prennent toujours femme dans un autre (*lan ^ — La parenté par classes existait sûrement chez les Mongols, il va seulement quelques siècles, puisque dans ses Mémoires, Baber, le fondateur de l'empire mongol de Delhi, parle d'un de ses lieutenants, nommé Lenguer- Khaii, qui possédait toute une tribu d'oncles maternels, les Djendjouhah, forujant une peuplade, laquelle liabitait dans les montagnes du Pendjaub *.

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